Mythes de l’investissement

Plusieurs mythes et illusions au sujet des marchés financiers sont entretenus par plusieurs facteurs. Premièrement, les investisseurs influencés par l’avidité et la peur sont souvent déterminés à croire des illusions leur offrant promesses de richesse sans risque, sans frais et surtout … sans effort.

Nous sommes tous sujets à ces pulsions de la nature humaine et en tant que gestionnaires professionnels nous devons les combattre quotidiennement et tenter d’en protéger nos clients.

Nous devons aussi combattre une industrie de l’investissement peuplée de divers conflits persistants qui semblent survivre à tous les efforts des organismes de règlementation. Les médias à notre avis, en général n’aident pas la situation pour les investisseurs, propageant par ignorance ou pour des raisons plus graves diverses illusions, mythes et informations fausses.

C’est ce genre de croyances populaires qui ont rendu possible, entre autres, la plupart des bulles et krachs de l’histoire. Depuis environ 1996 il s’est créé la plus grande bulle spéculative, le pire endettement et la plus grande crise de l’histoire et tout au long de ce processus, ceux qui savaient ne nous ont pas mis en garde contre les risques et dangers de la situation.

Finalement, il y a la culture de Wall Street, de Bay Street et de rue St-Jacques ou McGill College à comprendre et des excès de laquelle il faut se protéger. L’exemple le plus évident est certainement l’importance des revenus provenant des nouvelles émissions d’actions, d’obligations et de produits dérivés qui cause des conflits d’intérêts à plusieurs intervenants de l’industrie de l’investissement.

Il y a aussi le fait qu’il soit très mal vu dans l’industrie des valeurs mobilières de ne pas être optimiste. Les « Bears » ne sont pas tolérés très longtemps dans la plupart des institutions financières et sont classifiés comme pessimistes et faiseurs de trouble. Il est donc très mal vu aussi de prétendre que les actions ne sont pas toujours supérieures aux autres investissements. Plusieurs mythes sont reliés à cette idée.

MYTHE 1: Les actions montent toujours à long terme

Il y a eu 5 périodes de 15 ans durant lesquelles l’indice Dow Jones a obtenu un rendement négatif (sans dividendes).

Si notre objectif est de maximiser le rendement, il est parfois approprié de ne pas détenir d’actions dans un portefeuille.

MYTHE 2: Les actions font mieux que les obligations

Il est vrai que pour la période des 100 dernières années, le rendement annuel composé des actions est supérieur à celui des obligations à long terme. Par contre, il y a plusieurs périodes de 5 à 20 ans durant lesquelles les obligations à long terme ont rapporté autant et même plus que les actions.

En plus de la possibilité que les rendements soient supérieurs à ceux des actions d’une année à l’autre, nous tenons compte de la sécurité procurée par la garantie du capital à l’échéance.

Notez dans le tableau précédent le rendement de 9,6% annuel composé avant frais de 1970 à 2005 pour un indice canadien d’obligations, comparé au rendement de l’indice d’actions qui est à 10,3. Si on ajoute les frais, les obligations auraient mieux fait. Après impôts les actions auraient mieux fait dans un compte taxable, mais il y avait aussi une part de gains en capital important dans le rendement des obligations.

 

MYTHE 3: Il y a toujours de l’inflation

L’inflation a été le principal problème économique de 1973 à environ 1995. Mais historiquement, il y a eu autant de périodes de déflation que d’inflation. Les années 1800 étaient caractérisées par une forte croissance et de la déflation causée par une amélioration de la productivité.

 

Présentement, nous croyons que le risque de déflation est plus important que le risque d’inflation. Nous gérons les portefeuilles en tenant compte de ces deux risques et du fait que la déflation est le pire environnement économique pour la bourse, suivi de près par  l’inflation.

MYTHE 4: Les taux d’intérêts sont bas

En immobilier, la logique économique veut que les prix montent à long terme car il y a plus de population et une quantité fixe de terrains. Aucune telle logique ne s’applique au niveau des taux d’intérêts et ceux-ci pourraient très bien être plus bas pour une période de 30 ans encore … surtout s’il n’y a pas d’inflation.

Notre style de gestion de portefeuilles nous permet de changer la répartition d’actifs en actions ou obligations pour prendre avantage des grands changements de taux.

MYTHE 5: La Fed peut soutenir le marché

En plus de démontrer que les actions peuvent baisser à long terme, le Japon a démontré que les plans de relance économique et de support des marchés boursiers peuvent échouer pendant plus de 20 ans.

 

D’autres pays et d’autres périodes ont démontré la même chose. Il est prudent et approprié de comprendre et de tenir compte de telles possibilités dans la gestion des portefeuilles de nos clients.

MYTHE 6: La démographie actuelle favorise les actions

La loi américaine anti immigration des années 30 était-elle la cause ou le résultat de la grande dépression ? On ne le sait pas.

Une chose est certaine par contre : Lorsque les spéculateurs à court terme utilisent des arguments tels « les tendances démographiques des 30 prochaines années » pour justifier le prix des actions, nous savons que le marché est en état de bulle spéculative.

Il est difficile de croire que la démographie actuelle est aussi favorable pour la croissance future des profits des compagnies dans leur ensemble qu’il y a 20, 50 ou 100 ans.  La globalisation et la révolution technologique ouvrent des marchés, mais créent aussi de la compétition. Elles créeront probablement du protectionnisme et du chômage puisqu’une proportion non négligeable de la population n’aura pas pu s’adapter aux changements.

 

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