Pas de retraite sans investir dans les actions ? Pas d’accord !!!

Encore et toujours le même genre de question que je reçois de beaucoup de gens avec qui je discute d’investissement … Et considérant tout ce que les investisseurs se font raconter depuis environ 1983, c’est tout à fait normal que je les reçoive alors je veux bien encore tenter de vous proposer une autre perspective que ce que vous êtes habitués d’entendre dans les médias et en institution:

  • Est-ce qu’on peut savoir quand le marché baissera ?
  • N’est-il pas mieux d’être toujours investi ?
  • La seule façon de financer ma retraite n’est-elle pas à l’aide d’investissements dans les actions ?

Je peux vous faire réfléchir en suggérant que pour ceux qui ont pris leur retraite au cours des dernières années, les actions dans lesquelles ils avaient investi depuis les années 90 n’ont certainement pas procuré les rendements prévus. Les taux d’intérêts courants non plus et je suis certain qu’aucun de ces retraités ou de leurs conseillers avaient prévu des taux d’intérêts sous les 3%.

Ma réponse aux questions :

En mars 2009 le marché était retourné au prix de 1997. Ceci ne s’est pas souvent produit dans l’histoire.

Aujourd’hui, on nous dit que le S&P est retourné au prix d’il y a 5 ans (en montant cette fois), mais n’oubliez pas que ce S&P 500 était plus haute que ça en 2000 et vers la fin de 1999. C’est ça un marché favorable ?

Malgré ma piètre performance depuis la fin 2009, je suis encore très compétitif au niveau de mes rendements depuis 1999 et en fait, depuis 5 ans et plus. En 2008 nous avions des rendements autour de 18% (selon les différents objectifs des clients) et en 2000 à 2002 nous avions 8% annuel composé alors ces années compensent largement pour les nombreuses années de sous-performance. Je crois d’ailleurs que notre volatilité a été beaucoup moindre car nous n’avons pas subi les baisses de 40%+ des marchés boursiers.

Je dois vous avouer que je suis conscient d’une chose : Les investisseurs ont subi un tel lavage de cerveau depuis les années 80, qu’ils préfèrent obtenir un rendement de 0% en actions à un rendement de 3% en obligations.

Ce que font Bernanke et les autres banques centrales n’a jamais fonctionné dans l’histoire dans un contexte similaire. Je me souviens quand je disais que Nortel avait un fort risque de faillite … Ils ont bien ri de moi. Je crois que j’ai très bien identifié les bulles et les crises depuis 1999 ainsi que les causes et les effets de ces bulles et krach. Je n’ai jamais prétendu avoir la capacité de prédire le futur et encore moins la synchronisation. Mais je prétends avoir une certaine capacité à identifier des déséquilibres insoutenables qui ne peuvent être résolus que de certaines façons. Une des façons de résoudre les bulles-crises depuis 1998 (Russie fait défaut) aurait été de laisser les ménages se faire mais cela n’a pas été fait parce que c’est politiquement impopulaire (c’est la seule raison vraiment).

Et donc la solution a été de pomper de l’air dans diverses bulles qui devraient nécessairement se dégonfler. Nos leaders croient qu’ils pourront gérer … plus tard … le dégonflement contrôlé de ces bulles (incluant la sortie de l’économie de l’argent imprimé et le remboursement des dettes). Mais certains niveaux ont dépassé toutes normes historiques et les probabilités sont donc maintenant que cette aventure se terminera comme la plupart des autres de ce type : défauts, dévaluations, guerres pour aller chercher la valeur que d’autres ont accumulé. Ça pourra être des guerres militaires, ou économiques par le protectionnisme, le gel d’immigration, les tarifs, quotas, dévaluation massive de monnaies, remplacement de monnaies, etc. Historiquement, à peu près tous les pays ont créé des défauts ou dévaluations majeures de monnaie – Argent plus de 6 fois, France au moins 4 fois, Allemagne, États-Unis et Angleterre dans les années 20 ou 30, etc.

Imaginez si vous aviez tenu votre discours d’aujourd’hui en 1999 ou 2000. Alors 12 ans plus tard vous seriez rendu à la retraite et est-ce que vous seriez plus riche si vous aviez acheté des actions que si vous n’en aviez pas acheté ? Le portefeuille typique était surpondéré en technologie en ce temps. L’indice MSCI world (pour ceux qui étaient diversifié internationalement) est environ -3% annuel composé depuis le 1 janvier 2000 (à vérifier car je le dis de mémoire). Les obligations par contre, ont eu des rendements positifs … (notez que j’ai 0% en obligations de plus d’un an aujourd’hui par contre)

Tous ces gens qui parlent de leur rendement positif depuis mars 2009, n’étaient-ils pas complètement investis en actions de janvier 2008 à mars 2009 ? Ou pour ceux dont la stratégie était 70% en actions n’avaient-ils pas 70% en actions avant la baisse ?)Si oui, ils n’ont probablement pas encore récupéré ces pertes, et alors avec quel argent avaient-ils profité des incroyables aubaines de mars 2009 ? De plus, leurs gains de 2003 à 2007 ne leur avait probablement pas non plus permis de récupérer les pertes subies de 2000 à 2002. Je parle ici de moyennes et évidemment certains investisseurs ont eu des bons rendements et d’autres des désastres mais, en moyenne, la plupart des investisseurs à mon avis n’ont pas fait d’argent depuis 1999 s’ils comptent tous les investissements, incluant les Nortel, CGI, MSFT, Etc.

L’équation risque-rendement pour les actions n’est pas digne d’investissement aujourd’hui à mon avis. Malheureusement, elle n’est pas beaucoup mieux pour les obligations. À mon avis, IL Y AURA UN MEILLEUR TEMPS POUR INVESTIR EN ACTIONS (j’écris souvent « à mon avis » pour être certain de distinguer entre opinion et prédiction ou fait).

À mon avis, les investisseurs se posent les mauvaises questions. Ils se posent en fait des questions auxquelles ils ont déjà choisi les réponses, qui sont essentiellement des réponses leur procurant espoir. Au risque d’être un peu cru je dois vous dire que l’espoir n’est malheureusement pas une bonne méthode d’analyse ni une bonne méthode pour investir.

Paul Dontigny Jr, M.Sc., CFA

 

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11 réponses à Pas de retraite sans investir dans les actions ? Pas d’accord !!!

  1. Chief dit :

    Évidement les chanceux qui ont marqués une fois vont toujours venir prouver que c’est comme cela. Si nous pouvions retracer certain chanceux qui ont par après tout perdus…alors la ce serait bien. A date j’ai des bons et moins bon investissements, vous savez quel est mon ultra meilleur investissement….je place de l’argent de côté à tout les mois depuis 30 ans…tada…ca monte toujours:)
    P.S. M. Dontigny, j’apprécie énormement votre patience à nous expliquer tous ces détail d’un système complexe. Suggestion ; pourquoi ne pas donner un cours (même bénévole – genre atelier) dans une école secondaire – imaginez si vous en convertissez un ou deux en finance et un ou deux juste à comprendre…par année pendant x année.

  2. Yvon dit :

    Quel taux de rendements recommandez-vous à quelqu’un de prudent pour planifier sa retraite?

    • Je ne comprends pas votre question ???

      • Yvon dit :

        Pour planifier mon revenue de retraite, il faut que je fasse des hyppothèses. La première, est qu’elle rendements moyen sur mon capital est-ce que je prévois faire?

        • Moi je mets plusieurs hypothèses entre 0% et 12% pour calculer les rendements des investissements jusqu’à la retraite et post retraite. Je mets une hypothèse d’espérance de vie comme 90 ans, et je calcule une annuité à partir de l’âge de la retraite.

          Ça nous donne le montant annuel que l’on peut avoir selon le taux d’intérêt, pour qu’il reste 0$ à 90 ans. Ce n’est que pour fins d’illustration mais ça nous donne une idée des montants auxquels on peut s’attendre selon divers scénarios.

  3. Gavroche dit :

    Paul,

    D’abord je tiens à te dire que j’ai beaucoup d’admiration pour ton indépendance d’esprit, même si je ne partage pas toujours tes conclusions.

    Je viens de regarder l’entrevue de Richard Guay à RDI économie. Considérant qu’il s’agit d’un prof de finances et surtout d’un ex-président de la CDPQ, c’était triste à entendre… En gros, il soutenanit l’explication officielle voulant les interventions de la Fed aient sauvé l’économie. Les tenants de cette position ne peuvent jamais avoir tort; si on leur met au visage des statistiques comme le taux de chômage élevé par exemple, ils vous répondront qu’il serait au double s’il n’y avait pas eu d’interventions de la Fed et du gourvenement américain.

    Si les dirigeants de la CDPQ ont la même indépendance d’esprit que M.Guay, il n’est pas surprenant que celle-ci se fasse tondre lors des crises fincancières.

  4. CroissanceDetteInfini dit :

    Liste de pays ayant fait défaut:
    http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9faut_souverain

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