La vision Paul Dontigny du scénario Dépression-Déflation

Chers investisseurs,

Je réponds ici à deux questions d’un lecteur :

La question :

Envoyé le 15/05/2012 à 09:34

RE: http://www.lesaffaires.com/blogues/bernard-mooney/la-tempete-jp-morgan/544375

« On en a écrit des choses sur la perte de deux milliards de dollars de JP Morgan depuis sa divulgation jeudi soir (10 mai). Pourtant, il n’y a pas là de quoi s’énerver. »     – Blogue de Bernard Mooney

Bonjour Paul, il semblerait que cet analyste ne fasse pas partie des connaisseurs dont vous parlez, mais l’impression générale que j’ai est celle du TITANIC se dirigeant vers un iceberg sur la Musique du Danube Bleu, version bouzouki. Pas très technique comme analyse, mais elle vaut bien celle des autres pitchers. Si vous développiez votre scénario-catastrophe, il me semblerait intéressant de voir votre vision d’un après TITANIC financier, parce que il va y avoir forcément et obligatoirement une suite, vue que la vie continue… Merci pour vos interventions no non-sense.

La réponse :

Je crois effectivement que Monsieur Mooney n’a pas des connaissances très développées dans le domaine des produits dérivés. À ce chapitre, Il fait partie du 99,99% de la population. Et comme je le répète souvent, ceux qui ont les connaissances sont ceux qui ont brisé le système financier mondial. Ceci étant dit je crois que l’optimisme de son commentaire est injustifié et tout ce qui se passe depuis 2008 a démontré que pratiquement tous les aspects de la crise sont reliés aux produits dérivés, incluant la Grèce qui a caché sa dette grâce à de tels produits.

La comptabilité de ces produits et le laxisme volontaire des ordres de comptabilité, des organismes de règlementation et des gouvernements, incluant les banques centrales, permettent aux institutions de cacher aujourd’hui les pertes qui devront nécessairement être dévoilées graduellement. JP Morgan n’en a fait que la démonstration.

Vision après Titanic dans mon scénario Dépression-déflation :

Au moins une chose qu’il y aura: des investissements intéressants à bon prix et à risque raisonnable et éventuellement des aubaines. Des aubaines du siècle sur le plan fondamental car les excès à la hausse d’une bulle spéculative alimentée par la dette est toujours suivie d’un excès à la baisse d’une panique générale. Ceux qui croient qu’il y avait panique en 2008 font erreur.

Pour moi une panique est une réactions violente et NON JUSTIFIÉE. Par exemple, si le dow retourne autour de 5000 à 7000, pour moi ce n’est pas une panique mais si ça tombe entre 2000 et 4000 ça en serait probablement une.

Il faut réaliser que certaines lois économiques ont des raisons physiques d’exister. Ainsi une profitabilité record comme on l’a aujourd’hui crée automatiquement une polarisation des richesses si ça ne change pas. Une telle polarisation des richesses est insoutenable socialement dans un système de démocratie et de marchés « relativement » capitalistes.

Ce sont ces tendances excessives qui créent les occasions (long ou short). Il faut toutefois réaliser que la rapidité de diffusion de l’information, combinée aux divers mécanismes de support et d’intervention, ainsi que le degré de richesse accumulée au cours des décennies, sont des facteurs qui ralentissent les processus économiques d’ajustement automatiques (c’est contre-intuitif). Les tendances injustifiables sur le plan économique peuvent donc perdurer beaucoup plus longtemps que l’on croirait, que l’on voudrait, et qu’il soit sain pour l’économie, mais elles reviennent inévitablement vers la moyenne raisonnable et soutenable … et habituellement excède ensuite de l’autre côté.

Dans le cas du scénario grande dépression-déflation sans crise de monnaie inflationniste on aurait ceci (ressemble un peu à la Grèce d’aujourd’hui):

  • La Fed cesse d’imprimer mais maintiens les taux à zéro longtemps et hausse les taux très prudemment par la suite.
  • PNB (GNP) tombe de 10% à 30% du niveau actuel (nominal). Notex qu’en 1932 le PNB US nominal était à 50% de celui de 1929 (à 70% en réel)
  • Déflation de 1% à 5% annuel pendant quelques années.
  • Baisse du pétrole en-dessous de 50$ et baisse des prix dans toutes les matières premiès et commodités (contrats à terme etc).
  • Dow aux alentours de 5 000 : coupez les profits de 60% pour revenir à des marges raisonnables historiquement et avec sensiblement le même ratio cours bénéfice qu’aujourd’hui, et des perspectives très négatives que les gens auront à ce moment, et c’est fait.
  • Taux des obligations US 10 ans : Probablement entre 1% et 3,5% pour plusieurs années.
  • Ventes d’actifs de toutes sortes pour amasser des liquidités et désinvestissement des corporations et gouvernements = pression sur les prix.
  • Il y aura des coupures dans toutes sortes de chasses gardées, incluant les pensions, services du gouvernement, salaires et nombre d’emplois des gouvernements et organismes para-gouvernementaux, coupures soutenues dans les dépenses discrétionnaire des individus (simplicité volontaire) et dans beaucoup de cas dans le non discrétionnaire (simplicité involontaire)
  • On tendra vers un niveau de vie plus bas, auquel nous pouvons vivre à l’équilibre sans s’endetter pour maintenir notre consommation tout en remboursant nos dettes jusqu’à des niveaux soutenables.
  • Beaucoup de dette sera en défaut et les pertes seront réalisées. Les prêteurs (individus, banques, compagnies, caisses de retraite, fonds d’investissement, compagnies d’assurance, etc) subiront de lourdes pertes. Idéalement cela se produit graduellement et non en un choc soudain, ce qui serait plus dangereux socialement.
  • Or : Difficile à estimer mais probablement plus autour de 600 US$ que des prix actuels. Il pourrait y avoir une ruée au-dessus de 2000$ dans la panique, si panique il y a. On peut avoir le scénario dépression graduellement sans panique et ce serait mauvais pour l’or.
  • Il y aura certainement dans le processus beaucoup plus de protestations dans la rue et ailleurs, légales et illégales. Les États-Unis sont déjà occupés depuis environ 2006 à déployer des systèmes de contrôle des foules et d’arrestations massives pour « contenir » la violence potentielle.
  • Il y aura du chômage de l’ordre de 15% et plus selon les données populaires. Mais selon les données qui incluent toutes les formes de chômage nous sommes déjà à 17% environ et ceci pourrait augmenter à 25%.
  • La dette totale (gouv, individus et corporations) réduira énormément (25% )et après quelques années elle atteindra un niveau soutenable en fonction des revenus de ceux qui s’endettent.

Il y aura eu une réduction massive de la spéculation (dans les actions, les produits dérivés, l’immobilier, la dette corporative et des pays émergents, et beaucoup d’autres marchés et actifs). Des marges plus raisonnables seront requises pour tous les types de produits dérivés.

Les divers types de banquiers, courtiers, spéculateurs qui ont causé la quasi destruction du système financier, et qui dans le processus avec leur arrogance ont abaissé notre niveau de vie pour quelques générations auront été traités de la manière qu’ils le mérite. Espérions seulement que le tout se fera dans l’ordre, la justice et la loi, et qu’ils ne seront pas sauvagement attaqués aléatoirement par des groupes de gens n’ayant plus rien à perdre dans un monde de polarisation des richesses.

Si nous acceptons de faire ces ménages le bas économique pourrait être atteint d’ici 5 à 7 ans. Notez que s’ils avaient accepté de faire le ménage en 2003-2003 pour quelques années et de contrôler les dérivés au lieu de créer une bulle immobilière pour tenter de sauver l’économie, le bas aurait été atteint déjà et nous serions en train de rebâtir. (note : certaines lois ont été proposées au cours de ces années pour la règlementation des dérivés ont été refusées à cause notamment du lobby des banques – je ne me souviens plus exactement des dates – ça pourrait aussi être 2005)

Plus vite on fait le ménage et plus vit on arrête l’émoragie, plus vite la crise sera réglée. Le point de non retour a été dépassé depuis très longtemps. On ne peut plus espérer une croissance soutenable sans auparavant … souffrir pendant un certain temps. Nous avons besoin cure de désintoxication contre la dette et la consommation futile et excessive. Nous pouvons le faire nous-mêmes, ou quelqu’un le fera pour nous.

Et si vous croyez que j’exagère, ou que je suis pessimiste, demandez aux Grecs, aux Irlandais et aux autres sur la liste comment on se sent quand la communauté internationale vient nous dire quoi faire dans notre pays pour qu’ils continuent à nous prêter de l’argent … en sachant très bien que la nouvelle dette ne pourra être remboursée et que les conditions reliées à cette dette seront exercées, nous enlevant encore plus de pouvoir.

Il y aura des défauts de pays et ce sera une très bonne chose à long terme.

Finalement, je serai considéré comme un fou optimiste parce que je détiendrai un fort pourcentage d’actions dans nos portefeuilles. Ce ne sera plus à la mode.

C’était un « snapshot » du scénario dépression-déflation, un des scénarios possibles pour les prochaines années, et à mon avis le plus probable. Notez qu’après le choc initial, l’ensemble des gens ne seront probablement pas moins heureux qu’aujourd’hui ou il y a 15 ans, Ils seront même probablement moins stressés, ayant réduit leurs attentes et commencé à voir la vie sous un autre oeuil. il y aura un retour à des valeurs plus profondes et authentiques que ce que nous avons aujourd’hui : Famille entre autres et les déterminants du succès, de la confiance en soi et de ce qu’est une vie réussie.  J’espère que notre rythme collectif aura diminué.

Une question pour vous … pour vous faire réfléchir sur votre degré de réalisme : Combien de temps avant qu’elles soient officiellement en difficultés majeures avez-vous cru que les compagnies suivantes pourraient avoir de telles difficultés :

Nortel, GM, Chrysler, Fannie Mae, Worldcom, IBM ( a reçu de l’aide du TARP), Citigroup, Bank of America, Merrill Lynch (rachetée en panique), AIG, …

Avant que ça ne soit annoncé, avez-vous cru les propos de ceux qui vous avaient mis en garde ?

Paul Dontigny Jr, M.Sc., CFA

 

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20 réponses à La vision Paul Dontigny du scénario Dépression-Déflation

  1. YBertrand dit :

    Bonjour. Je crois qu’il était clair depuis font longtemps que l’endettement des gouv. ne pouvaient pas être perpétuel et qu’un jour nous étions pour frapper un mur. Hors il fut un temps (70-90) où ces gouv. nous ont fait avaler comme excuse, la grande capacité d’augmenter les taxes et impôts sans que notre pouvoir d’achat en souffre. Pendant ce temps, l’ère des DINK (double income no kids) était sur le point de changer de façon drastique les équations économiques partout sur la planète. Ce fut aussi l’ère de la surenchère des salaires et avantages sociaux qui ont donné les résultats que l’on connaît maintenant. Alors que je travaillais en sol africain dans les années 90, je n’ai pas vraiment touché à mon portefeuille entre 93 et 98, ayant déjà opté depuis longtemps pour les placements à longs termes. Ce n’est que lors de mon retour que j’ai constaté qu’il y avait surchauffe mais cela m’a demandé trois ans avant de procéder à de véritable mouvement de caisse et pu éviter la débâcle de 2002-2003, ce fut plus le résultat d’une analyse à grand angle que de l’analyse de marchés et titres spécifiques. Selon moi, les problèmes de fond étaient plus étendus et plus complexes (pour ma petite tête). Rappelons-nous que nous avions traversé, une décennie précédente, à une période de déréglementation sous Reagan et Mulroney qui commençait à démontrer des failles importantes sans parler des nouveaux pactes commerciaux dits “d’ouverture des marchés” qui n’avaient pas fait ses preuves et sur lesquels je ne comptais pas voir les répercussions avant une autre décennie. C’est vraiment suite aux déboires de plusieurs entreprises dont Procter & Gamble (dont mes actions avaient subit les contre-coups) contre la Bankers Trust ainsi que la quasi-faillite de Long Term Capital Management, spécialisée dans les hedge funds, produits auxquels je commençais à peine à m’intéresser mais dont je ne comprenais peu de chose, que mon taux de “scepticisme” a augmenté. Ce fut donc des décisions partagées entre des impressions (elles-mêmes basées sur des convictions) et un marché de plus en plus erratique dont je n’étais pas en mesure de suivre comme auparavant, faute de connaissances. Je dirais que c’est grâce à l’exercice de 2002-2003 qui me servit de nouvelle base et m’aida à pouvoir sortir du marché plus rapidement en 2007, m’étant aperçu durant les années qui suivirent que même si l’on avait enlever le couvert du presto, personne n’avait penser à fermer le rond du poêle et que l’eau qui bouillait rapidement finirait bien par complètement disparaître. Je ne vois plus le marché boursier comme étant tout seul dans son coin mais intimement lié aux politicailleries non pas de clochers mais d’ordre mondial. Hors s’il est parfois difficile de s’entendre entre individus, familles, entreprises, municipalités, provinces et pays, vous imaginez le bordel dans lequel nous sommes lorsque nous avons comme parties au litige des continents dont les moeurs et les régimes qu’ils sous-tendent ne se comparent même pas. Dans le scénario de monsieur Dontigny je crois qu’il faudra une sinon deux générations avant que nous finissions de payer les véritables répercussions et d’ici là il se présentera beaucoup d’autres embûches. Mais je crois aussi que l’immobilier américain fera encore des dégâts et qu’au Canada nous devrions nous attendre à une correction d’ici Q1(2014). Merci et bonne journée.

  2. admir dit :

    Votre scénaro est surveillé par tout les pays et toutes les banques centrales et des mesures sans précédents sont appliquées pour faire en sorte de minimiser les risques d’un tel scénario. Que dites-vous à ceux qui disent que les crises ne viennent pas des scénarios probables ou prévisibles mais plutôt d’évennements que personnes n’ont vus venir?

    • Je leur demande où ils étaient de 2000 à 20002 et en 2007 et 2008 ? C’est en 2007 que l’affaire Bear Stearns a mis au grand jour le FAIT que nous étions en crise.
      C’est en 2005 que Greenspan a dit publiquement que Fannie Mae représentaient un risque systémique pour les États-Unis.
      Alors ils étaient bien au courant.
      Je leur dit qu’il ya de3s limites physiques incontournables. L’histoire l’a clairement démontré.
      Les résultats économiques et financiers démontrent clairement que l’aide ne fonctionne pas.
      PAR CONTRE : comme je l’ai dit en 1999 et 2000 depuis ce temps, il est impossible de prédire quand une bulle spéculative atteint son sommet, ni de combien elle aura gonflé les prix avant de l’atteindre. J’ai donc été très à l’avance …

  3. Rox dit :

    Paul, est-ce que tu connais des preuves que IBM a reçu du TARP ? Je ne trouve rien de mon côté la-dessus. Si c’est le cas, la situation me dégoute encore plus.

    • IBM Southeast Employees’ Federal Credit Union et ça semble être un petit montant … il semble que les médias ont exagéré mais je me souviens d’avoir lu cela de plusieurs sources.

  4. okavongo dit :

    Bravo pour cette présentation là encore très complète. Comme vous, je suis plutôt partisan d’un assainissement en profondeur mais vu l’histoire récente et le « cout-termisme » ambiant je crains que le sevrage de la planche à billets ne soit pas possible…
    Dans une déflation, « cash is king ». Mais dans votre sous-scénario « panique » on aurait des faillites bancaires et donc un risque important sur les comptes en banque. Et aussi d’ailleurs sur les obligations d’état avec des défauts potentiels. Vu votre sentiment sur l’or, pas si facile d’être à l’abri même en tenant compte de ce scénario. Et c’est encore plus compliqué si l’on veut tenir compte du scénario inverse mais également « dangereux » : l’hyper-inflation…

    • Pas facile effectivement … il faudra suivre de près les divers scénarios et leur probabilité.. N’oublions pas que dans la prochaine vague de cette crise il pourrait y avoir des étatisations de banques. Il yaurait poertes pour les actionnaires et détenteurs de privilégiés ainsi que pour certains créditeurs non garantis mais les clients déposants seraient ainsi en partie épargnés.

      • YBertrand dit :

        Bonjour. C’est d’ailleurs ce qui s’est passé avec des centaines de petites banques américaines depuis la débâcle. La gouv. américain via notamment la FDIC a vendu les actifs des plus chancelantes à des banques plus viables et étatisé les pertes. Ils ont encore entre les mains IAG ainsi que Freddy et Fannie. Mais je me demande si le gouvernement est encore assez fou pour agir de la sorte si une des « too big to fail » ferait defaut. J’imagine que oui, le gouv. aurait trop peur qu’il y ait un effet domino. @monsieur Igloo. Ce n’est pas la Chine qui est le problème mais bien les nord américains qui veulent des salaires hors de tout sens commun pour faire un boulot qui ne le vaut pas. Puisque les biens deviennent trop dispendieux pour être écouler, il n’y a que deux solutions, trouver un endroit où la production est moins dispendieuse ou diminuer et conserver les salaires à un niveau raisonnable. Merci et bonne journée.

      • Albi dit :

        M. Bertrand, je suis d’accord avec vous que le débalancement des salaires (et donc de la concentration des richesses) au niveau mondial a contribué à la migration de la production vers les pays moins riches. Je crois bien que même les syndicats ne le nieraient pas. D’ailleurs, un des effets de la mondialisation de la production est de niveler les salaires lentement à un point d’équilibre au dessus duquel votre compétivité décroit et au dessous duquel vous devenez un employé désiré.

        Seulement, ca m’irrite d’entendre que les syndicats « abusent » dans leurs demandes. Si une demande est jugée abusive pour une entreprise, elle est rejetées. Les employeurs et les syndicats finissent tjrs par signer un contrat avec consentement des deux parties. S’il n’y a pas entente et que la demande syndicale est trop grande, il arrive que l’entreprise menace de fermer, tout simplement. À ce moment, ces demandes syndicales s’ajustent pour trouver un point d’équilibre.
        Vous savez, j’ai très bien gagné ma vie jusqu’à récemment, grâce au travail des syndicats et il font le travail social indispensable de répartir la richesse que les gouvernements, de plus en plus endettés et de moins en moins « influents » face à de riches corporations et leurs lobbys, ne font plus.

        Le problème du monde syndical, c’est la sclérose qui s’est installée. Les corporations ont une saprée longueur d’avance sur eux en ayant étalée leur activités internationalement.
        Les leaders syndicaux devraient avoir des ramifications internationales, et sortir de leur nombril, au même titre que les entreprises, pour former, guider, instruire, défendre les employés des pays en développement, bref, faire ce pour quoi ils existent.

        Sans la rapport de force syndical, la concentration de la richesse rendrait la vie des 99% bien moins aisée, même à ceux qui ne sont pas syndiqués, comme moi, mais qui bénéficient indirectement des gains de ceux qui se sont battus pour plus de partage des richesses.

        Sans rancunes,
        Albi

        • Je crois aussi qu’il dot absolument y avoir des syndicats sinon le « peuple » se fera manger la laine sur le dos. Mai sau Québec, on dirait que les synfdicats sont aussi capitalistes que les entreprises pour leurs propres fins … C’est possiblement exag.éré, et ça diffère d’un synddicat à l’autre, mais c’est la visioon de beaucoup de gens , vue de l’extérieur.

      • Albi dit :

        Jamais je n’ai donné carte blanche à quelque organisation que ce soit, gt, corp, syndic, etc… la raison est que ce sont des humains qui les opèrent!

        Je crois, bien humblement, que malgré les intérêts mesquins individuels, la mafia qui a incrusté la construction, ceux qui abusent de la protection syndicale pour ruiner la productivité et malgré toutes ces dérives humaines, il ne faut pas perdre de vue le cadre plus large: que comme on ne souhaite pas la disparition des gouvernements – on s’en souhaite des mieux – on ne devrait pas souhaiter la disparition des syndicats, mais d’une modernisation de l’activité syndicale.

        Si on est rendu à ne plus souhaiter s’organiser ensemble entre individus trop faibles individuellement pour contre-balancer le poids des intérêts des organisations bcp plus influentes qui ont un impact majeur et quotidien sur notre vie… comme vous dites, on a pas fini d’en baver, l’histoire de l’industrialisation devrait être enseignée dans les cours d’Histoire. Ah oui, il n’y a plus de cours d’Histoire…

        Bonne journée,
        Albi

  5. Pas d’accord du tout. C’est comme un héroïnomane qui dit que sa condition est dûe à des difficulté économiques et à l’injustice sociale.

    Les dérivés totalisent au moins officiellement 700 000$ milliards et le marché pour ces titres privés n’est aucunement règlementé, ni standardisé et il y a des défauts cachés et latents trop gros pour être annoncés. That’s it, that’s all.
    La crise n’est pas industrielle. La crise est purement financière. Une conpagnie sans dette ne peut faire faillite.
    Est-ce que la Chine est devenue un féroce compétiteur ? Bien sûr et j’en parlais déjà alors que tout ce qu’on lisait focalisait sur le fait que c’était un fournisseur qui nous permettait debaisser nos coûts. Mais c’est notre réaction à la Chine qui nous cause des problèmes.
    Pourquoi nos gouvernements et institutions et corporations nous disent-ils qu’il est absolument nécessaire d’avoir une inflation positive ? Simplement parce que la structure de notre système repose sur cette idée qui à mon avis est une fausse prémisse au succès du système. Ils sont prêts à tout pour conserver l’illusion de sécurité de ce choix. Notre système et sa structure cont bons mais ce choix de tout fonder sur la primauté des corporations en présumant que l’inflation est une bonne chose est à mon avis fausse.

  6. La crise de 1929 a été entre autres exacerbée par les tarifs imposés à l’Europe. (loi Smoot Hawley). Les tarifs et viverses méthodes de protectionnisme sont historiquement très néfastes à tous les partis impliqués.

    De toutes manières, la Chine a ses problèmes aussi et 100% de la croissance du PNB en 2009 a été le résultat de plans d’aide du gouvenement central. Ils sont en baisse manufacturière depuis 6 mois en ligne. Il y a encore 60% (je crois) de la population qui n’a pas joint encore le nouveau monde en Chine et ils n’ont aucune richesses ni salaire alors la CSST …

    La Chine aujourd’hui joue exactement le même rôle que les États-Unis ont joué en 1929 avec L’Angleterre impérialiste endettée et en sérieuses difficultés financières. L’angleterr importait des biens des États-Unis et les USA lkes finançaient. Les deux ont survécu.

    La seule façon de s’en sortir est l’éducation accrue et l’augmentation de flexibilité de notre population. Mais ça intéresse peu les gens qui sont confortables et habitués depuis 2 à 4 générations de confort relatif. Malheureusementr ce confort n’est pas un droit et la terre n’est pas un endroit de justice naturelle automatique.

    • Hors sujet : Ce que vous demandez avec l’université illusoirement gratuiite, c’est à dire payé par le gouvernement, c’est à ceux qui ne sont pas allés l’université de payer leurs impôts pour ceux qui y vont aujourd’hui..

  7. Les problèmes en Europe, aujourd’hui, sont en premier lieu financier, tout comme en Amérique. Je crois que ces problèmes financiers sont de deux sources : Des problèmes structuraux accumuilés (incluant le facteur Chine et la polarisation des richesses dont je parlais déjà en 2000-2001) et surtout, à cause des produits dérivés.

    La source initiale des problèmes a été les problèmes structuraux. Malheureusement, dans le processus de « sauvetage » de l’économie de 2001 à 2008, les produits dérivés sont passés de moins de 100$ Billions à presque 1 000$ Billions, dont une grande partie est en fait de la spéculation surmarge … sans marges requises et sans réserves de capital.

    Par exemple, sans ces produits dérivés, la Grèce n’aurait pas été acceptée dans l’Euro-groupe avec l’euro comme monnaie. Elle a caché sa dette et ses déficits avec des produits dérivés.

    Donc dans le processus de sauvetages subséquents (depuis 2007), les produits dérivés sont devenus tellement importants qu’ils représentent pratiquement la seule priorité des gouvernements, banques centrales et du système financier.

    Les médias et les professionnels du placement qui font affaires avec le public n’en savent pas beaucoup plus que le petit investisseur moyen. Mais la seule crise qui est combattue aujourd’hui est celle des produits dérivés qui, si évalués à leur juste valeur, font que le système financier mondial est insolvable. L’affare JPMorgan démontre l’impact de ces produits dérivés. L’aide requise est plus grande que la capacité de nos gouvernements et banques centrales s’il falait régler le problème en quelques mois.

    c’est pour cette raison que je prétends que l’économie devra tirer ce boulet pendant de 10 à 20 ans et que les perspectives de croissance sont donc beaucoup plus faibles que ce qui est implicitement anticipé dans le prix des actions aujourd’hui.

    Je vous suggère fortement de visionner mon vidéo de 11 min sur JP Morgan.

    Pour ce qui est de l’impôts de 90%, ils l’ont fait dans les années 30 mais c’était sur les revenus de plus d’un million. Si on mettait un tel impôt, en quelques années il y aurait très peu de gens avec des salaires au-dessus de 90 000$ et votre stratagème ne fonctionnerait donc pas. 6% de la population fait plus de 80 000$.

  8. Yves dit :

    Hello Paul, concernant IBM, vous pensez aux difficultés de 1992 (pertes 10 milliards USD) ou 2008 ? Je suis preneur d’informations (liens URL etc), vous remerciant. Yves

    • Non, j’ai lu à maintes reprises que IBM avait bénéficié du programme Tarp d’aide aux banques par la Fed et le gouvernement et il semble que ce soit par l’entité que j’ai nommée dans mes réponses précédentes.

  9. Yves dit :

    merci de votre réponse … je ne suis pas passé sur votre blog depuis 2 mois , j’irai jeté un coup d’oeil sur vos différents articles récents … je travaille chez Big Blue (France) et je peux vous dire qu’ils se passent bcp de choses douteuses et anormals … Palmisano (PDG) était debout coude à coude avec Obama en janvier 2009 juste après son investiture … 3 ans plus tard, la masse salariale a diminué en Europe et US/Canada, le nombre d’employés indiens +40%, le prix de l’action +180%, le salaire des execs +80% !!! Bref, le TARP finance la délocalisation et les emplois indiens. Bref, je suis rentré en résistance contre un système que j’accepte de moins en moins … en attente de passer en indépendent, seule porte de sortie pour moi afin de gérer vie familiale et professionnelle avec cohérence. Bonne continuation.

  10. YBertrand dit :

    Bonjour. @monsieur Albi. J’ai oeuvré dans le domaine des relations industrielles pour CP Air qui comptait (incluant toutes ses divisions) près de 10,000 employés mais surtout j’ai fait mes études (en droit puis en R.I.) fin des années 60, début 70 alors que d’importants changements s’effectuaient en matière de relations de travail mais aussi vécu dès le début, la débâcle des entreprises qui ne pouvaient plus dès ces années demeurer en compétition avec les produits provenant notamment de l’Inde. Je dirais que tout a commencé au Québec avec l’affaire Dominion Textile et aux USA avec l’industrie de l’automobile par des méthodes “bras de fer” adoptées lors d’une radicalisation des syndicats. Nous savions fort bien à l’époque, du moins pour ceux qui avaient une compréhension et vision large à long terme qu’il aurait fallu un changement de cap syndical mais cela ne s’est pas produit. Non seulement les grandes de l’automobile avaient besoin de “retaper” leurs installations immobilières à grands frais sans diminuer la production mais le marché fut inondé par l’arrivée des sociétés japonaises. Hors nous connaissons tous ce qui est survenu durant les trois décennies suivantes. L’affaire Dominion Textile s’est étendue à l’ensemble de l’industrie comme un feu de poudre et elle a disparue en moins d’une décennie. J’ai aussi assisté aux carnages du Montréal Matin, du Montreal Star, de Steinberg (et Miracle Mart) et des nombreuses grèves sauvages du temps dont la durée “normale” avoisinait des mois durant. Dans nombreux cas, nous avons chiffré que les pertes en salaires ne seraient couvertes que 10 ans après la fin de la plupart des grèves. Il y eut une course incontrôlée vers des salaires et avantages sociaux qui ne tenaient pas debout dès le début. Nous nous sommes rapidement aperçus que les entreprises qui s’y pliaient se préparaient par la suite à quitter à court ou moyen terme selon ce qui leur étaient possible d’accomplir. Hors je suis entièrement d’accord avec vous concernant le mandat et la nécessité des syndicats mais dans une mesure où l’inacceptable ne devient pas la norme et demeure des erreurs de parcours. Les syndicats furent durant des décennies la seule bouée de sauvetage des travailleurs mais ces syndicats sont devenus mafieux dans leurs procédés en recourant au copinage malsain avec certains partis politiques de gauche qui achètent des votes en prônant et semant la discorde entre les entreprises et ses travailleurs et se présentant comme étant les sauveurs de la planète. Les syndicats sont devenus un troisième pouvoir après le gouvernement et les tribunaux mais sont tous rattachés au crime organisé et ce depuis le tout début, l’histoire des Teamsters en font foi. Lorsque les journalistes et autres font trait au départ des entreprises vers la Chine, elles font toujours référence aux années 90, hors les vrais emplois (rémunératrices et à temps plein) ont disparu durant les années 70 et 80. Elles ont été remplacées par du temps partiel grandement prôné par les syndicats à l’époque parce qu’ils pouvaient syndiquer cette catégorie d’employés (à compter de 78) en faisant miroiter que ces emplois deviendraient par la suite des emplois à temps plein. Hors nous savions tous que c’était faux. Ce sont les syndicats qui ont remplacé la reconnaissance des compétences par la séniorité où l’effort intellectuelle n’est plus importante et nous retrouvons avec des incompétents à la tête des entreprises mais surtout des gouvernements. Ce fut et demeure l’erreur fondamentale la plus grande de l’histoire des R.I. du siècle dernier et nous ne faisons qu’en vivre les répercussions. Contrairement à ce que vous pensez, je ne suis pas contre les syndicats bien au contraire mais je suis contre leurs méthodes et fonctionnement qui n’a rien à voir avec une démocratie pourtant indispensable dans ce type de mouvement. C’est une course au pouvoir que les dirigeants syndicaux ont fait au détriment d’une paix sociale qu’ils viennent perturber de plus en plus sans y devoir y être mêlé. L’affaire des frais scolaires et de la conduite du dossier par les associations étudiantes qui sévit présentement en est un exemple suffisamment solide pour nous faire comprendre que les syndicats profiteront de toutes prochaines revendications populaires, quelle qu’en soit la provenance afin d’envenimer rapidement le débat et parvenir aux débordements et à la violence. Vous savez fort bien que la “démocratie” n’existe pas à l’intérieur des syndicats et se sont toujours les grandes gueules qui mènent le bal, souvent sous un régime de crainte et de représailles. Alors que les gouvernements n’ont plus le choix que de faire le ménage (du moins en partie), les syndicats devront faire le même exercice si nous voulons vraiment assister à une “reprise” de l’activité économique et non de stagner durant les deux prochaines décennies et invraisemblablement se diriger vers de véritables guerres civiles. Toutes les parties aux problèmes économiques actuelles, i.e. gouvernements, syndicats, entreprises et travailleurs doivent mettre de l’eau dans leur vin mais surtout faire un “examen de conscience”, mais il semble que tout ce beau monde préfère l’enivrement et les mirages qu’il provoque. C’est exactement pareil à un ivrogne qui a perdu ses licences à plusieurs reprises, étant en état d’ébriété avancé et qui continue de conduire ivre au volant jusqu’au moment où il tue quelqu’un. Merci et bonne journée.

  11. okavongo dit :

    Pas sûr finalement que l’or souffre de ce scénario. Lors de la crise de 29, les mines d’or avaient apparement tiré leur épingle du jeu. Bis repetita ?
    http://www.objectifeco.com/bourse/matieres-premieres/article/leonard-sartoni-l-or-fiche-12-l-or-durant-une-depression-deflationniste

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