JP Morgan expose les véritables risques présents dans le système financier

Chers investisseurs,

L’affaire des pertes de négociation (trading) de JP Morgan confirme toutes mes craintes envers la fragilité et le risque inhérent du système financier.

Non seulement JP Morgan a annoncé des pertes de 2$ à 4$ milliards (les spéculations sont encore en cours et n’ont pas été liquidées alors la perte finale n’est pas établie), mais elles proviennent de transactions sur des produits dérivés, nommés Credit Default Swaps sur les indices synthétiques de CDS. On décrit ces transactions comme étant des swaps de swaps …

Vous n’y comprenez rien ? Ne vous inquiétez pas, ces riches banquiers ayant reçus en groups plus de 250$ milliards de boni depuis quelques années, ceux qui ont créé la crise financière que nous n’avons vue de nos yeux que depuis 2007, n’avaient de toute évidence pas compris eux-autres non plus !

La valeur des « paris », ou « gambles » ou encore « opérations de gestion du risque et d’arbitrage protégé » sur laquelle JP Morgan a des produits dérivés, tel que dévoilé dans ses états financiers, est de 71 000$ milliards, ou 71$ billions (71$ Trillions en Anglais). Il y a 5,8$ Billions de produits dérivés reliés au crédit (incluant probablement ceux qui ont créé la perte). Nous ne savons pas sur quelle valeur, sur quelle proportion des produits dérivés la perte s’est produite.

Ce qui est encore plus inquiétant :

1- Initialement les dirigeants ont tenté de faire passer pour idiots ou gens qui paniquent trop facilement ceux qui ont réagi fortement à la nouvelle de cette perte.

2- Cette perte provient d’opérations officiellement effectuées dans le but de protéger les transactions à risque.

3- Cette perte semble provenir de transactions effectuées pour le compte de la firme et non pour le compte de clients. Ce sont (point 2 et 3) des types de transactions pour lesquelles les dirigeants de JP Morgan et de toutes les autres firmes qui transigent dans ces marchés ont effectué des activités de lobby pour éviter ou réduire toute législation ou règlementation.

4- Cette perte ne s’est pas produite rapidement – on cherche encore quand et comment elle aurait exactement commencé, et pourquoi elle s’est prolongée.

5- La perte est en partie due au fait que la taille de la transaction (comprenons qu’il s’agit ici d’un groupe de transactions) et lorsque certaines autres banques et hedge funds auraient appris que JP Morgan avait des difficultés à liquider ses positions, ceux-ci auraient tenté d’en profiter en faisant baisser le prix au marché (simplement en retirant leurs bids ou intentions d’achat, et en publicisant la position de JP Morgan). Et pourtant, on tente de nous dire que ces marchés sont maintenant liquides et sécuritaires.

6- JP Morgan semble avoir attendu le plus possible avant d’avouer ses pertes. Notez que certaines règles comptables permettent de modifier la définition d’un actif, ce qui peut permettre de cacher des pertes du point de vue comptable (légalement !)

Alors JP Morgan n’est que la petite pointe du Iceberg du désastre créé et encore très présent des produits dérivés.

À mon humble avis (et je sais mon opinion partagée par plusieurs), la situation est pire qu’en 2007-2008 car nous avons autant de produits dérivés en circulation et peut-être plus. Les processus et fonds mis en place (impression d’argent par banques centrales, plans d’aide et fonds d’aide, législation et règlementation) n’ont de toute évidence pas fonctionné, mais ont créé entre 5$ Billion de dette de plus, et environ 4-5$ billions de monnaie imprimée à ressortir un jour du système mondialement.

Ça fait longtemps que je vous parle de ces excès. Depuis au moins 2005. Mais au moins, on commence à voir la réalité exposée dans les médias. Très peu de journalistes, conseillers financiers, politiciens et individus ont les connaissances pour comprendre ce qui se passe réellement. Mais le nombre s’accroit à mesure que certains illustrent chacun des bouts de crises qui deviennent des nouvelles publiques.

La majorité des évènements financiers reliés aux produits drivés demeurent encore cachés ou étouffés pour ne pas faire paniquer la population. Je crois que la population devrait savoir pour pouvoir choisir comment protéger ses actifs et ses revenus dans un contexte de crise financière. Mais comme on le voit dans certains pays comme la Grèce et l’Espagne, ou dans les mouvements de révolte contre les excès comme Occupy ou même les étudiants du Québec, subconsciemment ou inconsciemment, la population ressent, et sait, qu’il y a quelque chose qui ne tourne pas rond. Et cette fois … elle a raison !

Paul Dontigny Jr, M.Sc., CFA

 

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5 réponses à JP Morgan expose les véritables risques présents dans le système financier

  1. Antoine dit :

    Pensez-vous que ça va mener à une présence accrue des gouvernements ou du moins des régulateurs. Pas obliger de vous prononcez je connais votre position quant aux prédictions.

    Merci 🙂

    Antoine

    • Ils ont peur de faiure sauter le système. S’ils augmentaient les marges requises en capital pour participer à des contrats à terme, swaps et autres produits dérivés, et qu’ils forçaient les banques à dévoiler la véritable valeur marchande de leurs produits dérivés, nous verrions que le système est en ce moment insolvable. Ils laissent donc du temps pour faire le ménage et ils diluent et repoussent les lois. Le problème est qu’ils laissent en place les banqieurs et autres spéculateurs qui ont causé la crise, et ils leur permettent même dee continuer à qugmenter la quantité de produits dérivés suer lesqeuls ils font de la spéculation et des gageures.

      Ils disenty qu’ils sont protégés mais ils ont clairement démontré qu’ils ne l’étaient pas et ils ne le sont pas encore. pourquoi emprunter sur marge pour se hedger ???

  2. andré martin dit :

    RE: http://www.lesaffaires.com/blogues/bernard-mooney/la-tempete-jp-morgan/544375

    On en a écrit des choses sur la perte de deux milliards de dollars de JP Morgan depuis sa divulgation jeudi soir (10 mai). Pourtant, il n’y a pas là de quoi s’énerver.
    – Blogue de Bernard Mooney

    Bonjour Paul, il semblerait que cet analyste ne fasse pas partie des connaisseurs dont vous parlez, mais l’impression générale que j’ai est celle du TITANIC se dirigeant vers un iceberg sur la Musique du Danube Bleu, version bouzouki. Pas très technique comme analyse, mais elle vaut bien celle des autres pitchers. Si vous développiez votre scénario-catastrophe, il me semblerait intéressant de voir votre vision d’un après TITANIC financier, parce que il va y avoir forcément et obligatoirement une suite, vue que la vie continue… Merci pour vos interventions no non-sense.

  3. okavongo dit :

    Cette affaire concernant JP Morgan me rappelle les soupçons de manipulation qui pèse sur la banque concernant la manipulation du marché de l’argent. Est-ce si compliqué de limiter la taille des marchés dérivés afin qu’il ne dépasse pas le marché physique ?
    http://www.prix-metaux.com/jp-morgan-manipule-le-cours-de-largent.html
    https://www.contrepoints.org/2012/04/18/79882-jpmorgan-manipule-t-il-les-cours-de-largent

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