Chers investisseurs,
La Fed a annoncé plusieurs choses hier.
Entre autres, à mon avis, elle a annoncé qu’elle s’attend à ce que la crise financière et la faiblesse de l’économie ne soient pas encore réglées. Je déduis cela puisqu’il ne peut y avoir aucune autre justification pour créer un précédent historique en affirmant que les taux de la banque centrale resteront à un niveau déterminé pendant 3 ans. C’est ridicule puisque la Fed admet elle-même son incapacité à prédire le futur. Alors comment peut-elle prédire que les choses iront mal pendant 3 ans ?
Il n’y a aucune raison logique de maintenir les taux à zéro pendant 3 ans si l’économie était simplement faible. Pour maintenir les taux aussi bas, au minimum possible en fait, c’est que la Fed voit quelque chose que la plupart ne voient pas. C’est ce que je prétends depuis longtemps d’ailleurs … comme vous le savez.
Sur CNBC à Aaron Task – The daily ticker :
The FOMC’s decision to keep interest rates near zero until late 2014 — at least — signifies two things:
1. Credit will remain cheap for consumers and businesses.
2. The Fed may know something about the economy that U.S. markets and investors do not.
At least that’s how Gerald O’Driscoll feels. The former vice president of the Dallas Federal Reserve and a senior fellow at the Cato Institute said in an interview with The Daily Ticker’s Aaron Task that the Fed’s circumspection makes him question his own views on the economy.
« I was shocked by the implied pessimism of the forecast in the Fed statement, » he says. « I feel the economy is improving. We have to assume the Fed may know something that things are really worse than I thought in the global financial system in order to explain the pessimism underlying their forecast. »
La Fed a aussi annoncé que ses estimations sur l’économie sont en baisse, alors que la majorité des commentaires cette semaine montraient que les investisseurs et économistes deviennent plus optimistes. De mon point de vue, je crois que la faiblesse de l’économie est encore très loin de s’améliorer, même si certains indices montrent que la détérioration est moins pire. Je tiens compte dans ce raisonnement tous les plans d’aide qui sont en marche un peu partout (par exemple 600E$ milliards d’aide par les banques centrales le 22 décembre 2011). Sans l’aide, et sans les déficits qui gonflent le PNB et les ventes des compagnies, nous serions en solide récession.
La Fed a prédit que son nouveau taux cible pour l’inflation est de 2% et que l’inflation pourrait être en-dessous de ce niveau au cours de l’année. Lire : Risque de délation imminent.
Bref, au risque d’exagérer, je dirais que la fed est sur le bord de la panique et tente désespérément de créer de la confiance … artificielle … afin d’aider l’économie et la crise financière. Comme je l’ai dit si souvent, cette crise n’en est pas une de confiance et pas du tout. Cette crise est le résultat d’excès spéculatifs monstrueux financés par une dette et des marges de produits dérivés tout aussi monstrueux.
Et ça, c’est ce que la Fed sait.
Pour les sceptiques : si vous avez le temps, lisez au sujet des négociations avec la Grèce au sujet de son défaut imminent. Vous verrez que mon analyse et mes conclusions depuis plusieurs mois se vérifient : Le défaut est assuré depuis longtemps. Ce qui se passe dans les coulisse entretemps, c’est la tentative de contacter chaque emprunteur (détenteur d’obligations de la Grèce) et chaque émetteur ou détenteur de CDS (Credit default swap – ou assurance sur les obligations de la Grèce) pour s’assurer que lorsque la perte d’environ 50% devra être annoncée, aucune des parties intéressées ne sera elle-même en défaut à cause de la perte. Ainsi on s’assure que la perte ne causera pas un effet domino de défaut et de gel du système financier
Comprenez-vous pourquoi vous ne lirez pas ce genre d’opinion dans les journaux ? Parce que trop peu de gens ont les connaissances techniques pour savoir ces choses. Mais elles sont bien réelles et elles sont la source et l’essence même de la crise. C’est pourquoi la crise n’a même pas atteint son apogée.
Car après la Grèce, l’Irlande, le Portugal, L’Espagne, L’Italie, plusieurs hedge funds, plusieurs institutions financières …
Note : j’ai mentionné le 600E$ injecté le 22 décembre – certains prétendent que une ou deux grandes institutions financières auraient été dans une situation de défaut si ces sommes n’avaient pas été disponibles. C’est environ 800US$ milliards alors imaginez le coût de ces sauvetages – c’est aussi gros que le Tarp, ou premier plan d’aide de 2008 aux États-Unis, mais nous sommes 3 ans plus tard. Les problèmes n’ont de toute évidence pas été réglés.
David Rosenberg de Gluskin Scheff a montré ce graphique cette semaine :
La Fed peut continuer à imprimer, emprunter, prêter, donner des cadeaux aux institutions financières pour les rendre solvables … mais des limites physiques ayant été atteintes, toutes autres manigances de plans d’aide seront reçues comme un affront à la population qui devra éventuellement rembourser et/ou subir les conséquences d’une baisse de confiance envers le Dollar US, l’économie US, la Fed et le gouvernement américain et son congrès dont Geithner (sec. Du Trésor) a dit que les membres sont ignorants financièrement.
Pourquoi investir en actions dans un tel contexte ? À part les fluctuations à court terme que je considère imprévisibles, je vois beaucoup plus de risque que de potentiel.
Paul Dontigny Jr, M.Sc., CFA


Ce qui effraie encore plus que les problèmes qui s’accumulent? Les solutions de plus en plus lourdes pour les pousser en avant de moins en moins loin chaque fois. Ce qui aurait pu se régler au prix de quelques récessions relativement modérées risque de tout éclater ensemble. Plus ils retardent, pire ce sera. Dans le peu d’information qui circule, j’ai l’impression qu’il y a une volonté d’étouffer les nouvelles. C’est en décembre (ou novembre) dernier que la BCE aurait sorti plus de 100 milliards en pleine nuit sans indiquer pourquoi. Les rumeurs ont dit qu’une banque française aurait cessé de fonctionner sans cette aide. Mais on n’a que des rumeurs; aucune explication. C’est malsain. Des rumeurs infondées pourraient causer des « flash crash » à tout moment. À croire que ça en arrange certains…
moi je crois que la Fed veut propulser les marchers boursiers en ne donnant pas le choix aux épargnants. Son message est : Si vous voulez du rendements ne comptez pas sur les revenus d’intérêts et faites plutot rouler l’économie. J’ignore si ça va fonctionner, mais moi je commence à en avoir assez des rendements anémiques!
Effectivement … c’est ce que la Fed voulait aussi en 2007, 2008 et 2009
Elle voulait ça aussi en 2000, 2001 et 2002. En fait elle voulait ça depuis probablement 1987.
Ça ne veut pas dire que ça fonctionne.
Bonjour M. Dontigny,
Pouvez-vous m’expliquer ce qui peut limitter la FED d’augmenter son Bilan ainsi à son bon vouloir (Cette question pourrait s’appliquer aussi à la BCE)? Jusqu’à maintenant, cette expension ne semble pas avoir dérangé personne. Au contraire, cela a permis d’éviter le pire, tant sur les marchés des actions que sur celui des obligations. Pourquoi la Fed ne pourrait-elle pas continuer ainsi indéfinément, particulièrement dans un environnement déflationniste?
En vous remerciant.
Parce que si un pays, gouvernement ou banque centrale a le pouvoir absolu d’imprimer de l’argent « au plaisir du roi », cet argent perd de sa valeur.
Imaginez que vous puissiez aller à la banque et demander tout l’argent que vous désirez avoir, et que la banque imprimerait aussitôt des billets et vous en remettrait pour le montant demandé. Est-ce que vous voudriez accumuler ces billets pour acheter quelque chose plus tard ? Et avant de répondre, demandez-vous, si quelqu’un se présentait chez vous et vous offrait 14 million de dollars pour votre Toyota Camry, est-ce que vous accepteriez de prendre l’argent en échange de votre voiture ? Quel prix en dollars fixerait le manufacturier de Toyota sachant que n’importe qui peut aller à la banque et se faire imprimer des dollars ?
On en reviendrait rapidement au troc. La monnaie est une façon de calculer combien valent les divers objets et services avec une méthode de calcul commune. Au lieu d’échanger 10 poulets pour un porc, les poulets ont un prix en dollars et les porcs aussi, et si un porc vaut vraiment 10 fois plus qu’un poulet alors le poulet coûte 1$ et le porc 10$. La rareté d’un produit (l’offre) et le désir des gens d’en avoir (la demande) permet de fixer le taux d’échange de chaque produit et services.
Plus les pays gèrent mal leurs affaires (déficits), moins les investisseurs veulent leur prêter. Plus les pays impriment de l’argent sans raison valable, moins les autres pays désirent se faire payer en cette monnaie. Si vous saviez que la banque de Suisse à partir de 2014 va imprimer des billets de banque à tous ceux qui en veulent, voudriez-vous entretemps accumuler des Francs Suisses ? Probablement pas.
Alors c’est pour ces raisons fondamentales que l’on ne peut pas éponger les pertes dues à des spéculations de nos institutions financières avec de l’argent imprimé … ni emprunté.
Vous semblez désirer que les autorités fassent monter le prix des actions pour nous enrichir. Mais il faut tout de même un jour revendre ces actions pour recevoir de l’argent. Qui aura cet argent ? De plus, il ne faut pas oublier que les actions sont un titre légal qui confère au détenteur un droit de propriété sur les actifs de la compagnie, et donc un droit sur les profits futurs de la compagnie. Dans le même ordre d’idée que ci-dessus, voudriez-vous des actions d’une compagnie qui fait toujours des pertes ?
Voudriez-vous des actions d’une compagnie qui vend de nouvelles actions pour encaisser de l’argent à chaque année ? (par exemple si les 100 actions de la compagnie valent 100$ et que vous en détenez une, voudriez-vous que la compagnie vende 100 actions à un nouvel investisseur au prix de 25$ ? Bien sûr que non. La compagnie ne peut pas ainsi imprimer des certificats de propriété (comme de l’argent) et les vendre au prix qu’elle le désire. Qui voudrait acheter de telles parts de compagnie ? C’est le même principe que l’argent et les monnaies.
Il doit y avoir une quantité de monnaie raisonnable en fonction de la population et des activités commerciales du pays. Lorsque les affaires du pays se détériorent, imprimer de l’argent et le prêter à des gens pour qu’ils achètent des actions de compagnies qui se détériorent ne règlera absolument rien, et en plus, créera d’autres problèmes de solvabilité, de crédit et de confiance. N’oubliez pas que de l’argent est imprimé pour que la Fed achète des titres dans l’économie ou pour prêter, cet argent doit être éventuellement ressorti ou remboursé à la Fed et cela affaiblira l’économie et les marchés. Ce quoi parait être une solution facile à court terme peut s’avérer désastreuse à long terme. Nous empruntons et imprimons depuis 2001 (et même avant) et voyez où cela nous amenés !!!
Donc en résumé, les économistes et les participants dans les marchés financiers croient qu’en général (ce n’est pas le cas dans toutes les situations), lorsque la banque centrale imprime trop d’argent, la monnaie du pays baisse par rapport aux autres et par rapport aux biens réels et services et donc les prix des actions, maisons, produits et services, nourriture, etc., montent. On appelle cela de l’inflation. En réalité l’équation est loin d’être aussi simple et linéaire, mais dans les situations extrêmes c’est vrai.
De nos jours, quand la monnaie américaine baisse, ses obligations baissent en prix (taux montent), l’or monte, les actions montent, les prix des commodités en dollar US montent (elles peuvent baisser en d’autres monnaies). Lorsque le dollar américain baisse, c’est le contraire. Et le dollar monte lorsque les marchés croient qu’il y aura plus de plans d’aide, c’est-à-dire plus de dette des gouvernements et plus d’impression d’argent.
J’espère que ça répond à votre question et en fait elle est tellement bonne que je la transfère à un nouvel article blogue. C’est une question très fréquente et beaucoup plus complexe que l’on ne le croit.
Merci
Paul Dontigny Jr, M.Sc., CFA
C’est en effet assez curieux que la Fed décide de DATER ainsi le futur. Est-ce qu’il y aurait comme une échéance mondiale de dettes cumulées qu’on en saurait plus comment l’étaler dans l’avenir, sans que le système financier devienne absurde et totalement incohérent?
Si oui, alors qu’elle serait selon vous, Paul, la cohérence OBLIGÉE (parce que peu importe la situation, il y a toujours une suite), qui perdrait quoi au profit de qui, et surtout de quoi aurait l’air cette nouvelle répartition de la richesse mondiale?
On parlerait alors de la faillite d’un système, mais par quoi obligatoirement serait-il remplacé et qui le contrôlerait? Je ne peux pas croire que les institutions du savoir concernées (universités, instituts de recherches ou autres) ne spéculent pas un maximum là-dessus en ce moment.
C’est en effet de la propagande positive d’une institution qui panique et qui a perdu ses moyens.
Bonjour. “Credit will remain cheap for consumers and businesses” Il manque des données avant d’en arriver à des conclusion car si les gouvernements continuent à légiférer pour faire cesser les abus par les banques qui prêtent sans regarder ce qu’il font, tel que la SCHL par le biais de la volonté du Ministère des finances a resserré ses critères et dirigent souvent les clients vers des termes de 10 ans et non de moins de cinq ans. C’est d’ailleurs souvent le cas selon les gens que je connaît dans le système bancaire. Il y a place pour beaucoup d’autres mesures mais je crois que les banques d’ici trois ans feront en sorte, y étant probablement obligé, de changer leurs méthodes. Ce changement de mentalité ne s’effectuera que par le taux de délinquance (défaut) que le crédit pourrait atteindre. Un autre dit “We have to assume the Fed may know something that things are really worse than I thought in the global financial system” c’est exactement ce que je disais en début de semaine lorsqu’il y a eu l’annonce que la FED s’apprêtait à imprimer un autre trilliard de dollars. Harper a deux priorités pour le Canada. Couper dans les retraites des plus démunis, il ne connaît sans doute pas le pouvoir des têtes grises. Au moins nous allons finir par nous en débarrasser mais par qui c’est une autre affaire. La deuxième est son empressement à grossir l’exploitation des sables bitumineux pour approvisionner cette fois “l’Asie”. Je comprend maintenant les tergiversations entre l’Alberta et le fédéral dans la demande de pouvoir augmenter le nombre de concessions pétrolifères aux sables. Il me semble cependant qu’il va beaucoup trop vite. Il sait qu’il ne sera plus là la prochaine fois alors il fait comme le premier ministre Duplessis qui a vendu des ressources minières du temps aux américains pour un sous la tonne (Dossier IronOre). Il décéda sur l’emplacement même de son annonce à Shefferville. Voir : http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/economie/canada/201201/26/01-4489746-harper-sattaquera-aux-retraites-et-a-limmigration.php Merci et bonne journée
Harper s’ attaque enfin aux vrais problèmes comme devrait faire les autres pays, il se tiens debout !
C’ est ben platte , il fait ce qu’ il dit !!!