Cet article blogue est en réponse aux questions très intéressantes de okavongo :
okavongo dit :
10 novembre 2011 à 07:45(Modifier)
Le TSX profite, il me semble, de son exposition au secteur aurifère et des matières premières en général. Concernant la manipulation, beaucoup pensent que les marchés de l’or et l’argent sont manipulés afin de contenir la dévaluation du dollar US. Qu’en pensez-vous Paul ? Seul le marché actions serait manipulé ? Il me semble que si il y a manipulation, alors elle est générale. Ou bien nous sommes chacun victime d’un biais qui consiste à pense que les marchés sont manipulés lorsque leurs comportements nous semble irrationnels.
Et voici donc ma réponse :
Je ne sais pas si l’or est manipulée. Mais il est évident que le prix des actions est manipulé puisque notamment Ben Bernanke a affirmé que c’était son objectif dans un article qu’il a écrit lui-même dans le Washingfton Post. (ci-dessous) http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2010/11/03/AR2010110307372.html
Even absent such risks, low and falling inflation indicate that the economy has considerable spare capacity, implying that there is scope for monetary policy to support further gains in employment without risking economic overheating. The FOMC decided this week that, with unemployment high and inflation very low, further support to the economy is needed. With short-term interest rates already about as low as they can go, the FOMC agreed to deliver that support by purchasing additional longer-term securities, as it did in 2008 and 2009. The FOMC intends to buy an additional $600 billion of longer-term Treasury securities by mid-2011 and will continue to reinvest repayments of principal on its holdings of securities, as it has been doing since August.
This approach eased financial conditions in the past and, so far, looks to be effective again. Stock prices rose and long-term interest rates fell when investors began to anticipate the most recent action. Easier financial conditions will promote economic growth. For example, lower mortgage rates will make housing more affordable and allow more homeowners to refinance. Lower corporate bond rates will encourage investment. And higher stock prices will boost consumer wealth and help increase confidence, which can also spur spending. Increased spending will lead to higher incomes and profits that, in a virtuous circle, will further support economic expansion.
Personne ne peut tenir le marché boursier très longtemps à un prix donné uniquement avec des interventions d’achats car le marché est trop gros. Mais à l’aide de contrats à terme et de diverses interventions, on peut freiner plusieurs baisses. On peut aussi influencer l’opinion en laissant croire par exemple que les autorités manipuleront si ça baisse. On peut annoncer souvent que si ça baisse il y aura des plans d’aide. On peut fabriquer des short squeeze…
En 1987 le krach a été stoppé par une intervention massive organisée par plusieurs firmes de courtage et par la Fed. Vers 13h05 le mardi 20 octobre 1987 des achats massifs de contrats à terme ont été effectués, créant une surprime dans les contrats à terme sur des indices boursiers, ce qui avait incité les arbitragistes à acheter les actions sur le marché et simultanément à vendre à découvert les contrats à terme, créant ainsi de la demande pour les actions. Autour de cette période les fax (hé oui les fax … ) avaient été mis en campagne pour répandre l’idée que c’était le bas du marché et que tout repartait. Et ce fût effectivement le bas le 20 oct. à 1616, pour fermer la journée à 1841, 14% au-dessus du bas. Ils avaient par le fait même créé un short squeeze.
Faites une recherche pour trouver l’article de Rolling Stone Magazine : The wives of Wall Street et vous verrez comment la Fed peut prêter de l’argent à une société en commandite créée pour manipuler les marchés (et dans le processus créer des gains énormes à des amis). Dans ce cas il s’agissait de titres à revenu fixe mais il n’y a pas de raison pour qu’ils s’empêchent de le faire dans les actions.
Il y a aussi eu les manipulations reliées à la sécurité nationale du pays.
Notez que la plupart de ces manipulations sont effectuées avec la justification qu’elles sont nécessaires pour des raisons de sécurité, pour des raisons de crise financière aigüe et pour sauver le système ou, en langage légal, préserver l’intégrité du système.
Ce qui n’a pas de sens, c’est que la population n’en soit pas plus informée et que ceux qui bénéficient de l’aide semblent toujours être les mêmes : les institutions et leurs dirigeants qui ont brisé le système par leurs excès. C’est aussi que ceux qui prennent ces décisions ne semblent pas considérer qu’ils puissent être en train d’empirer la situation.
Les décisions se prennent à huit-clos et en gros, il est généralement décidé dans cette crise de transférer les pertes à la population.
De plus, il y a énormément d’informations privilégiées critiques qui sont transmises dans le processus de consultation entre certains membres des institutions financières, du gouvernement et de leaders corporatifs. Il devient facile pour eux d’en bénéficier.
Alors oui, je crois que les actions sont manipulées.
Mais il est très important de toujours remettre ce genre d’opinion en question, notamment parce que les marchés ont une capacité infinie à être irrationnels et on pourrait facilement confondre l’irrationalité et les manipulations. Ayant travaillé comme analyste financier dans une firme nationale canadienne et comme gestionnaire de portefeuille institutionnel, et ayant œuvré dans l’industrie depuis 25 ans … je peux vous dire qu’il n’y a aucun doute que les manipulations existent.
Ce ne sont évidemment pas seulement les manipulations qui tiennent les marchés élevés pendant des mois ou années … il fait que plusieurs autres embarquent dans le jeu aussi. Le fait que la plupart des spéculateurs utilisent des modèles similaires dont la plupart utilisent le momentum simplifie certainement la tâche de ceux qui veulent manipuler.
Jim Cramer a déjà expliqué comment il pouvait manipuler les contrats à terme avant l’ouverture avec une vingtaine de millions de capital et quelques appels à des journalistes pour partir des rumeurs. Il réussissait apparemment parfois à manipuler les prix assez longtemps pour faire de larges profits. C’est à dire plusieurs minutes et parfois plus d’une heure. Les manipulations se retournent parfois contre les manipulateurs … comme nous l’avons vu en 2008.
Paul Dontigny Jr, M.Sc., CFA
Blogue PDJ
Investissements PDJ

Soit, les manipulations existent. Et pourtant, je déteste les théories du complot… Mais, par exemple, les relèvements d’appel de marge ou les interdications de la vente à découvert sont assez voyants. L’avantage, si je puis dire, c’est qu’en ce moment elles peuvent même se drapper dans une justification morale : « sauver le système ». Mais la ligne de crête, expression employée par DSK, est étroite. En même temps cela ne vaut-il pas la peine d’étre tenté. Sauf que quand on commence difficile de s’arrêter. Sauf que cela profite surtout à quelques uns. D’ailleurs pour schématiser, en ce moment est-ce la Fed qui se sert de Goldman Sachs ou le contraire ?
Mais pour parler de manipulation, je vous livre une réflexion que je me suis faite à l’annonce du référendum grec. Imaginez les Grecs achetant juste avant l’annonce des Cds de pays en difficulté… Revendus quelques jours plus tard juste avant l’abandon du dit referendum… De quoi rembourser une partie de la dette grecque… Immoral surement mais n’allons nous pas vers une période où tous les coups sont permis ? Les Us n’alimentent-ils pas l’inquiétude sur les dettes européennes pour que l’on ne regarde pas la leur ? Les dévaluations compétitives n’ont elles pas déjà commencées ? Nous vivons décidement une époque formidable…
Je ne vois pas les termes manipulation et complot comme étant équivalents. Complot semble beaucoup plus fort, prémédité, sur une loongue période, et habituellement néfaste et uniquement pour le bénéfice de ceux qui sont impliqués dans le complot. Lorsque combiné avec le terme « théorie », ceci insinue géméralement par ceux qui utilisent ce terme la notion de paranoïa, d’exagération ou d’illusion.
Demandez-vous si vous étiez nommé demain matin par l’Italie et payé 20$ millions de dollar pour sauver l’italie, que feriez-vous ? Ou si vous étiez en charge de la banque centrale Européenne et on vous demandait de régler la crise ? Probablement que le premier geste serait de rencontrer toutes les parties impliquées …
Incroyable: «Le nouveau Premier ministre grec Lucas Papademos ….»
Qui aurait dit un jour qu’un banquier non élu deviendrait Premier ministre d’un pays Européens à la place d’un élu. Les Banques sont aux commandes … mais ça va (très,très,très) mal finir tous ça ….
C’est incroyable, voire surréaliste, de voir les réactions des marchés à ces nouvelles qui démontrent pourtant que rien n’est réglé… Italie et plan d’austérité = décroissance mais les actions montent !.
Bonjour M.Dontigny,c’est une excellente article dont malheureusement on entend pas ,lorsqu’on lit des journaux économiques populaires au Québec ou dans les média.
Nous considérons que notre ministre des finances du Québec cherche continuellement à nous rassurer sur notre dette en nous disant qu’elle est sous contrôle alors que c’est faux et que la seule chose qui justifie notre niveau de cotation c’est que l’on est dans le Canada qui a un triple AAA.L’enfer économique est à nos portes au Québec,les boomers auront gérés les finances de l’État dans leur intérêt,point final.
Lâchez pas M.Dontigny,on vous apprécie beaucoup.Gilles-Michel
Oui en effet et nos médias dorment au gaz pour utiliser notre jargon local.
En fait, les médias abordent occasionnellement la situation de la dette au Québec. Il y avait un reportage assez instructif avec Bernard Landry l’autre soir à RDI au sujet de la situation du Québec. Le problème semble être que les gens en ont raz le ponpon des problèmes et préfèrent les émissions de cuisines ou les téléréalités pour se divertir de leur quotidien.
L’ignorance d’un sujet complexe, la quasi-permanence des mauvaises nouvelles à propos d’une crise qui ne finit plus et d’une dette inremboursables… les gens décrochent devant ce qui semble bien au dessus de leurs moyens en se disant que si rien ne peut être changé en élisant de nouveaux gouvernements, comment pourrait-il faire quelque chose au niveau individuel?
Notre situation au Québec est critique mais personne ne fait rien, comme en Grece, en Italie ou partout où il y a un endettement critique! Bien peu de gens s’indignent au point de manifester, si ce n’est que les indignés, justement.
Ce mouvement jugé ridicule par bcp est, à mon humble avis, la seule véritable chance de changer vraiment le cours des choses pour éviter un drame collectif. Les moyens traditionnels (élections) ne fonctionnent pas pour forcer les gouvernements à prendre des décisions responsables.
Albi
Bonjour monsieur Albi. Ne trouvez vous pas que c’est de la paresse intellectuelle. D’ailleurs cette paresse semble troubler la grande majorité des citoyens de ce monde. Alors que les citoyens reprochaient aux gouv. cette habitude de dire durant les années 50-80 que « c’était trop compliqué pour les contribuables » lorsqu’il voulait cacher les détails d’une nouvelle loi ou mesure, maintenant c’est le courrant contraire et cela ressemble à du « je m’en foutisme extrême ». Depuis le début des années 90, ce qui est revenu le plus souvent dans les commentaires des citoyens nord américains étaient tous du genre « on vit au jour le jour, (on se pette les bretelles pour en mettre plein la face des voisins) et si on fait faillite, c’est pas grave on recommencera dans quelques années. Nous assistons présentement à une « prise de conscience » non voulue mais incontournable, chacun se pointant du doigt (les citoyens, les banques, les gouv, allouette AAAA). Ce sont bien entendu les mieux nantis de la classe moyenne qui souffriront le plus de la perte de leur mirage. Merci et bonne journée.
Oui, M. Bertrand,
un processus de prise de conscience collectif est en cours. Dans nos société occidentales ou l’apparence de manque de défis collectifs a ramoli la fibre de survie des générations qui n’ont pas souffert de graves crises (guerres, famines, dépression), il n’y a plus de contestation à grande échelle. Comme vous dites, on vivotte à la recherche de notre bonheur (je rajouterais « individuellement », car presque tout ce fait sur le plan individuel ajd) en évitant soigneusement les sujets dérangeants.
Le mouvement des indignés est donc une ébauche de révolte collective, une tentative de prise de conscience sur un malaise qui menace gravement ce qui reste de notre santé économique. Cette prise de conscience « forcée » comme vous dites est effectivement inévitable pour les plus dégourdis mais le deviendra au fur et à mesure que la douleur que la crise créera dans l’ensemble de la population se généralisera. Bien sur, il sera trop tard pour sauver les meubles quand la phase finale de la crise se déroulera, mais à ce moment, étant donné qu’il faudra bien repartir, cet éveil collectif, cette révolte aura p-e le bénéfice de refondre le système dans un moule plus juste, qui tient compte du bien des 99% de la population, même si leur poids économique est faible.
C’est à souhaiter car dans la douleur collective aiguë, si la souffrance et la colère des gens n’est pas écoutée par les autorités, l’Histoire nous enseigne que le sang finit TJRS par couler.
Albi
Dans le contexte de manipulation actuel des marchers, les investisseurs prudents s’appauvrissent car ils ne font même pas l’équivalent de l’inflation avec leurs rendements. C’est triste, mais ce sont les spéculateurs et les ignorants qui sont récompensés. J’espère qu’il y aura une justice, mais s’il y en a une, elle risque de faire mal à tous.
Bonjour. Les citoyens tout particulièrement des G20 demandent de plus en plus de services coûteux et s’endettent personnellement bien au delà de tout entendement, les entreprises ont fait la même chose pour répondre à une clientèle qui répond de plus en plus aux annonces publicitaires qu’au contenu réel d’un produit ou service au point où c’en est ridicule. Les dépenses dans ce domaine a plus que doublé en 8 ans seulement. Les chef d’État sont pas plus intelligent et croient qu’ils pourront se rabattre sur la levée des impôts et taxes pour contrer les problèmes mais la très grande majorité est taxée au maximum sans réel marge de manoeuvre. @monsieur Dontigny. Y a t’il un site web sur les statistiques des profits et pertes des entreprises. Nous n’entendons jamais parler des petits si ce n’est que des fermetures mais encore là nous n’avons qu’un portrait très local. Je crois que ce sont seulement les plus gros qui sont profitables mais n’ont ils pas vendu des centaines de milliards en immobilisation pour combler leurs déficits respectifs. Nous nous dirigeons (les citoyens) selon moi vers un retour aux valeurs beaucoup plus qu’un soit disant « retout à la normal » qui impliquerait que les tenants poursuivent leurs tactiques de « capitalisme sauvage » qui nous conduiraient au même point où nous sommes. Merci et bonne journée.
M Dontigny. J’aime vous lire,vos réflexions,c’est toujours instructif .Concernant les manipulations du cours des actions par les entreprises financières avec l’aval des gouvernements et sous le regard de la commission des valeurs mobilières. Je me pose une question.Le fait de retirer de nos comptes bancaires les argents qui y dorment et qui ne procurent que des pécadilles enlèveraient-t-ils les ressources aux organismes financiers le levier nécessaire qui leur permet de nous en prendre toujours plus et ne réduirait pas le risque croissant d’une inflation qui nous appauvriera tous.Merci et bonne journée
Malheureusement pas … mais alors pas du tout. Les banques ne sont plus gérées commoe avant et elles ont acès à toutes sortes de stratagèmes pour créer des liquidités pour spéculer. Seul le gouvernement, les banques centrales et les autres institutions pourraient agir pour cesser les excès. Et je continue de répéter que ceux qui pourraient mettre fin à l’augmentation de la dette et des fonds impliqués dans la rise continuent de jeter de l’huile sur le feu avec leurs divers plans d’aide qui ajoutent à la dete et aux produits dérivés. Ils ont des membres de la famille qui ont une dépendance à l’héroïne et ils acceptent toujours de l’empêcher d’aller en désintoxication, lui fournissant des aiguilles propres et du financement pour ses prochains highs …
Bonjour. Inévitablement le marché devrait revenir à une valeur réelle. Surtout au Canada ou les manipulations se font moins sentir, du moins directement. Paul, croyez-vous que tous les secteurs du TSX vont suivre la même tendance. Bien sûr les financières devraient y goûter (par exemple voir leur lien avec la dette Italienne – surprenant – lien : http://www.zerohedge.com/news/next-domino-fall-canada), mais croyez-vous que les matières premières (actions de cie) vont suivrent aussi ? En tout cas ce secteur est plus haut qu’en 2008-2009 avant le crash. Faut le faire. Pour les autres secteurs ils sont marginaux sur le TSX.
En fait, je crois que c’étaient toutes les banques mondialement … l’effet domino est énorme et en place, et ils ne peuvent le compartimentaliser pour éviter un effet de contagion Ils sont obligés de gérer une par une les situations de défaut majeur. Cette approche est vouée à l’échec. Je crois que le scénario de baisse de 2008 sera répétée, pas nécessairement par sa rapidité mais par son ampleur et par l’étendue de la baisse à presque 100% des titres listés en bourse. C’est une opinion d’un scénario possible et évidemment on ne positionne pas le portefeuille comme si c’était le seul scénari possible.