Pourquoi Bear aussi longtemps? (réponses aux lecteurs)

On me pose souvent les mêmes questions. Pourquoi j’ai manqué la hausse de 2002 à 2007 ? Pourquoi aussi Bear ? pourquoi acheter des obligations du gouvernement qui rapportent 4% ?

Voici les réponses à quelques lecteurs qui ont placé des commentaires dans mon article précédent (leurs questions apparaissent aussi ci-dessous après ma réponse :

Réponses de Paul Dontigny

À tous : Quand j’aurai une forte proportion en actions, je suis pas mal certain que vous n’en aurez plus … Vous en serez dégoutés.

À monsieur Bello –
Peu importe ce que je vous réponds, vous revenez toujours avec les mêmes idées. Je vous garanti que je n’ai pas la capacité de prédire les sommets et les bas de marché. Je gère le capital de mes clients en acceptant cette réalité. Si vous voulez croire que quelqu’un a la capacité de faire de telles synchronisations miraculeuses, c’est votre choix.

Je me base sur MON estimation de la valeur et du risque. Depuis 10 ans je considère que la valeur n’est pas là et les risques trop élevés. Les rendements des obligations ont fait aussi bien depuis 1999 que les stocks. Je n’ai pas la capacité de prédire le futur et les divers revirements à court terme. C’est pour cette raison que je me base sur la valeur.

À Jean Michel;
Ce n’est pas si simple de transiger les obligations avec les « durations » qui varient de 1 jour à 60 ans et avec les divers « spreads » reliés au crédit. ces spreads changent énormément et toutes les cotes de crédit sont sujettes à changement de nos jours, même celles des USA et du UK.

Les commissions et spreads des courtiers peuvent faire volatiliser le rendement si vous ne magasinez pas vos achats et ventes. J’ai eu des différences de prix de l’ordre de 7% dans les zéro coupons Québec de 2020 et 2035, ainsi que pour des coupons US. Les spreads, commissions et la liquidité dans les obligations corporatives sont encore pires.

De plus, la décision en soi, d’investir en obligations et de ne pas détenir d’actions (et de prendre des positions qui font de l’argent quand les marchés baissent) sont très importantes et difficiles à prendre car elles sont impopulaires. on vous a « brainwashé » à croire qu’il faut toujours détenir des actions, peu importe leur prix et leur risque. C’est faux et l’histoire l’a démontré à maintes reprises.

À Pierre Brasseur
Vos propos ressemblent beaucoup à ceux de Bernard Mooney et je vous invite tous a lire ses excellents articles blogues si vous désirez voir ce genre de point de vue, qui est très valide même si différent du miens.

À votre point 1, c’est vrai mais vous oubliez de mentionner à quel prix. Mon point de vue n’est pas qu’il n’y a pas de bonnes compagnies. C’est que l’ensemble des prix est tellement cher, que notre rendement potentiel soutenable à long terme en tant qu’investisseur n’est pas adéquat pour le risque. De pus, il y a des risques systémiques qui ont rarement été présents dans l’histoire, alors je suis encore plus sévère dans mes évaluations que si nous étions dans la norme.

À votre point 2 – Il n’est pas vrai qu’il est toujours mieux et plus payant d’être « partner » que prêteur. Pourquoi Buffett a-t-il acheté des privilégiées avec warrants au lieu d’acheter les actions ? Question risque – rendement – prix
À votre point 3 – J’ai synthétisé les principes d’investissement de Benjamin Graham et de Buffet entre autres) dans mon mémoire de M.Sc. finance. Je peux vous dire que Graham n’aurait pas acheté d’actions depuis 1999. Même pas au bas de oct 2002, ni au bas de 2008. Les valeurs ne sont simplement pas là.

Tout ce que vous dites est valide Monsieur Brasseur. Mais vous n’incorporez pas la notion de prix payé et du rendement possible par rapport à ce prix selon les profits futurs soutenables des compagnies. Les croissances nécessaires pour justifier les prix actuels ne sont pas impossibles. Mais elles requièrent que le scénario du meilleur des mondes se produise. Elles présument que nous n’avons pas besoin d’un grand ménage et que la croissance paiera pour toute la dette excessive qui continue de s’accumuler partout sur le globe. Ces croissances futures estimées présupposent qu’il n’y a pas de problème dans les 600 000$ milliards de produits dérivés et que les consommateurs se comporteront au cours des 30 prochaines années comme ils l’ont fait depuis 30 ans.

C’est à mon avis des hypothèses beaucoup trop optimistes. Je crois que les gens extrapolent les tendances passées, alors que nous avons en réalité atteint des points d’inflexion majeurs et historiques en économie et dans les marchés financiers. Nous avons atteint les limites physiques d’une période excessive.

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