Attention aux obligations!

Wow, quel rallye monstre dans les obligations!

Le prix des obligations américaines de 30 ans vient de bondir 14% (gain en capital) en quelques jours. C’est un peu moins au Canada mais on a de bons gains aussi.

Les obligations US de 10 ans transigent maintenant à un taux de 2,05% et les 30 ans à 2,53%. Et pourtant, la majorité des institutions vous ont dit depuis 1998 que les taux allaient monter et que les obligations ne rapportaient pas.

Et l’argument de l’impôt ? Foutaise car vous auriez eu de solides gains en capital en plus de l’intérêt qui lui est pleinement imposable.

Ceci étant dit, que faire maintenant ???

Il est possible qu’au Canada, les taux des obligations baissent encore mais le potentiel de gains devient de plus en plus faible, même si nous nous dirigeons vers un environnement économique déflationniste.

Le marché obligataire nous dit et nous confirme que la déflation s’en vient. Les nouvelles économiques aussi. Et vous aussi d’ailleurs car si je ne m’abuse, vous avez probablement commencé à couper les dépenses et à analyser les dépenses et projets que vous pourriez repousser dans le temps. C’est ce qui se passe en déflation. Vous craignez probablement un petit peu pour votre job, même s’il est probablement stable et solide car tout semble devenu possible depuis quelques semaines.

Notez finalement, qu’il y a des différences importantes au niveau du risque de crédit dans les diverses obligations. Les Canada sont dans une catégorie, celle de la valeur refuge. Et toutes les autres sont dans une autre catégorie, celle des titres à risque. Oui, la catégorie à risque, en ce moment, inclut les obligations de toutes les provinces.

Nous avons vu des journées où les taux des Canada baissaient (prix monte) et où les taux des provinciales montaient (prix baisse).

Pourquoi ? Parce que seul le Canada a le pouvoir d’imprimer de l’argent et de contrôler l’armée. Je n’exagère pas, car en temps de crise on s’en remet aux choses de base. C’est ce que les gestionnaires d’institutions mondiales ont fait en vendant la catégorie à risque pour acheter la catégorie 1 refuge.

On ne peut savoir si ça continuera longtemps.

Mais ces facteurs, qui sont des faits et non des prévisions, ont changé l’équation de risque et de rendement des obligations. À court terme, après la forte hausse que nous venons de connaître, il pourrait y avoir une chute importantes des prix des obligations en général si l’économie semble repartir et la crise se régler.

Mais il y a un risque supplémentaire pour les obligations de la catégorie 2 à risque: Si d’autres banques ont des difficultés, si l’économie ralentit tellement que le risque de crédit augmente, ou si des compagnies font faillite, le risque de crédit pourrait être plus fort que le bénéfice d’un ralentissement pour ces obligations. Les institutions continueraient à vendre les catégorie 2 pour acheter les catégorie 1 – les Canada.

Donc les prix des obligations de catégorie 2 pourraient baisser que ça aille très mal ou très bien. Ça commence à faire un risque de trop à mon goût. Je considère donc prendre des profits dans ces obligations. Ce n’est pas fait au moment d’écrire ce texte mais je le considère sérieusement.

Du point de vue à long terme, vous pouvez acheter des obligations du Québec de 27 ans avec un rendement d’environ 5%, Ce n’est peut-être pas si ridicule pour une petite portion du portefeuille à long terme si nous nous dirigeons vers un monde déflationniste pour plusieurs années. Mais ces obligations à zéro coupon peuvent fluctuer de 10% en une journée ces jours-ci.

L’alternative? Bons du trésor du Canada à des taux encore plus bas … en attendant. Capital garanti.

La meilleure chose pour toutes les obligations serait une grosse récession mais sans crise de crédit. Il est possible aussi que nous nous dirigions vers ce scénario.

N’oubliez pas que je gère toujours le risque en premier, et le rendement en second. C’est ce qui me permet, contre-intuitivement, de maximiser le rendement.

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