BMO annonce l'intention de racheter 15 millions de ses actions

Oui oui, vous avez bien lu mon titre : la BMO a annoncé son intention de racheter 15 millions de ses actions sur le marché … annonce publiée le 26 août 2008. Les rachats se feront entre les 8 septembre 2008 et 2009. Le prix était 49$ lors de cette annonce.

Hier, BMO a annoncé qu’elle VENDAIT 33,4 millions d’actions du trésor (nouvelles actions) au bon public canadien, essentiellement aux institutions j’imagine. Le prix ? 30,00$.

Donc quand le prix était 49$ ils ont fait une annonce disant qu’ils voulaient en acheter et après que le prix ait baissé à 30$, ils décident d’en vendre. Il faut leur donner une chose : ils n’ont jamais dit à quel prix ils voulaient effectuer les rachats.

Mais ….les rachats de 2006 et 2007 ont été effectué pour 13,5 millions d’actions au prix moyen de 66,51$. En fait, ils ont utilisé presque un milliard pour racheter des actions du public à 66$, pour finalement en revendre le double pour environ la même valeur, soit 1$ milliard.

Vous comprenez quelque chose vous ? Est-ce que c’est ça travailler pour les actionnaires ? Souvenez vous des pertes sur des spéculations dans les prix du gaz naturel, 680 millions je crois. Et maintenant ils doivent vendre des actions pour se financer, la méthode de financement la plus coûteuse pour les actionnaires.

Durant cette période, les dirigeants ont exercé 10,5 millions d’options pour acheter des actions de BMO. Je n’ai pas vérifié s’ils les ont vendues aussitôt pour encaisser le profit ?

Ces mêmes dirigeants se sont attribué 4 millions de nouvelles options. Il y a fin octobre 2008 en circulation 20 millions d’options octroyées à des dirigeants, soit 3,96% des actions en circulation. Donc ces dirigeants ont en ce moment droit au gain sur 3,96% des actions de la BMO, droit qu’ils ont reçu sans risque de leur part. Si on additionne toutes les options qui ont été converties depuis une quinzaine d’années, je me demande quel pourcentage des actions totales se sont appropriés les dirigeants. En d’autres mots, quelle dilution totale nette a été effectuée pour les actionnaires de BMO, si on inclut le coût des rachats d’actions à prix élevé avec l’argent des actionnaires en plus de l’octroi d’options ?

Je n’ai pas besoin de faire le calcul pour voir que je ne désire pas être actionnaire dans de telles conditions. On verra si le futur sera différent.

Ha oui … détail oblige … Il y a aussi 1,5 millions d’actions qui ont été rachetées cette année à titre d’actions du trésor non annulées. Si elles sont revendues à un prix différent du prix d’achat, elles créeront un gain ou une perte. Bref, si je comprends bien, la BMO spécule sur ses propres actions ???

Donc ils annoncent qu’ils vont acheter des actions mais ils en vendent quelques jours plus tard à un prix plus bas. Pour avoir travaillé dans une banque, je sais que les grandes décisions stratégiques ne se font pas en quelques jours. et ce n’est certes pas parce que le prix est plus bas qu’ils désirent maintenant vendre plutôt qu’acheter ?

Est-ce quelqu’un suit ce raisonnement ? on ne pourrait pas inventer une histoire aussi farfelue … Mais tristement, j’ai choisi la BMO au hasard car elle a émis des actions mais plusieurs institutions ont fait la même chose.

Conclusions : Les dirigeants ne respectent pas mes critères pour pourvoir croire qu’ils ont travaillé pour les actionnaires depuis plusieurs années. Ils ont pris des risques exagérés à cause de leur forme de rémunération qui les payaient à court terme pour prendre des risques qui causeraient des profits à court terme mais pourraient de lourdes pertes ou réductions de valeur pour les actionnaires une fois les rémunérations reçues. Et les actionnaires ont approuvé le tout !

Si la BMO émet des actions hier soir, alors c’est que le pire n’est pas passé car sinon ils auraient attendu les bonnes nouvelles pour émettre les actions plus chères. N’est-ce pas ? Au mieux, il y a des risques qui leur font peur. Et s’ils ont peur de leur propre compagnie, alors je préfère encore avoir peur pour un petit bout. Si les actions sont à un prix et une valeur économique tels qu’ils veulent nous en vendre, alors je ne les achète pas.

Pas dans cette crise financière qu’ils n’ont de toute évidence pas vu venir. Ils ne l’ont pas venu venir, alors que de nombreux gestionnaires, économistes, stratèges et leaders d’institutions internationales ont mis en garde contre les excès depuis environ 5 ans, incluant certains qui font partie de leur propre organisation.

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