On me demande comment je serais capable d'acheter des actions après tout ce temps?

Plusieurs Réponses de Paul Dontigny (à l’article dont le titre commence par ALERTE)

À paulbeliard (qui disait que je suis un devin )

Si vous lisez mes chroniques et Lettres, ainsi que visionnez mes chroniques vidéo, vous savez que je dis très souvent que je n’ai pas la capacité de prédire le futur … surtout à court terme.

La seule chose que je puisse prédire avec certitude est que je me tromperai parfois dans mes opinions financières et économiques. C’est pour cette raison qu’une des questions les plus importantes que je me pose toujours est la suivante : qu’arrive-t-il aux portefeuilles de mes clients si je me trompe dans me opinions ? Il est important de savoir l’impact de scénarios négatifs sur nos portefeuilles. Si l’impact est faible, alors on connait le niveau de risque du portefeuille et il est acceptable.

Important donc de différencier « opinion » de « prédiction » et de « positions en portefeuille ».

Mais j’ai fait des « prédictions » le 1er janvier 2000 basé sur la bulle spéculative qui sévissait à ce moment et je vais les republier dans article blogue prochain.

Réponse au lecteur assidû (qui demande comment il soit possible que j’achète des actions alors que je n’en ai jamais acheté – notez que j’en ai déjà acheté d’ailleurs…)

J’ai été courtier au détail de janvier 1987 à fin 1988 et j’avais liquidé les actions en fin août 87-début sept avant le krach pour acheter des zéro coupons – par exemple, ceux de 20 ans offraient environ 13% annuel composé. L’après-midi du 19 oct. alors que les marchés s’effondraient, j’ai suggéré à mes quelques clients d’acheter de la Banque Royale, Bombardier et Bell (BCE) et de vendre des options d’achat expiration février, pour un rendement potentiel de 42%+. Quelques uns ont fait la transaction fructueuse le mercredi mais aucun ne l’a faite le lundi.

Depuis ce temps, je n’ai jamais été persuadé, avec raison d’ailleurs, que les actions feraient beaucoup mieux que obligations. Les taux étant passés de 13% à moins de 5%, il y a eu beaucoup de gains en capital à réaliser depuis ce temps avec les obligations, et ce en plus de l’intérêt accumulé.

Même quand j’occupais le poste d’analyste chez Richardson Greenshields pour les « small caps et situations spéciales, », mes recommandations d’actions étaient réputées pour être un peu trop conservatrice bien que j’aie eu des recommandations d’achat … mes prix cibles étaient trop bas me disait-on.

J’ai aussi agit comme gestionnaire pour un Trust et bien qu’il y ait eu des portefeuilles diversifiés selon les directives de la firme, je mettais effectivement les clients en garde contre les risques. Mais il est difficile pour un gestionnaire institutionnel de justifier des frais de gestion élevés sans les actions. Alors qui maximise le rendement en bout de ligne ? Ceux qui maximisent aussi les frais ou ceux qui minimisent le risque ? Je vous laisse deviner …

Ensuite, à titre de gestionnaire associé de titres small caps pendant 2 ans, j’ai participé à la gestion d’un portefeuille institutionnel et aux analyses fondamentales de compagnies individuelles pour ce faire. Comme pour l’emploi d’analyste, l’analyse se devait d’être rigoureuse, incluant des modèles mathématiques et comptables à multiples scénarios, des méthodes d’évaluation basées sur la valeur actualisée des flux monétaires, et une compréhension des enjeux de la compagnie, de son industrie et de ses dirigeants. L’analyse de la structure de capital est aussi très importante, incluant la capacité à financer la croissance, et à subir des contrecoups.

Ceci incluait conversations avec les VP finance et Présidents ainsi que visites d’usines ou de sièges sociaux et des conférences d’industrie. Bref, tout ce qui pouvait aider à comprendre le potentiel et le risque des compagnies et de leurs diverses lignes de produits.

Ensuite, étant très Bear 1998 et voulant investir dans une diversité de classes d’actifs, et voulant aussi avoir la capacité d’investir en liquidités au besoin, j’ai décidé de fonder ma firme, ce qui fût fait en mars 1999.

Je ne suis pas inquiet de ma capacité à acheter des compagnies à bon prix. C’est juste que, comme l’histoire le démontre déjà, les prix n’étaient pas bons depuis ce temps. Les obligations font maintenant mieux sur toute cette période, et à ma connaissance, les portefeuilles de mes clients aussi.

Je ne suis pas pressé. Je suis payé pour faire de l’argent, pas pour acheter nécessairement des actions.

Et veuillez noter que j’ai 22 ans d’expérience dans l’industrie de l’investissement, incluant une année à compléter ms études de Maitrise, es sciences en finance à HEC il y a plus de 10 ans. Mon mémoire a été d’analyser les principes d’investissement de Warren Buffett, Peter Lynch, Benjamin Graham, Markowitz, Sharpe et Miller & Modigliani (structure de capital).

Ces principes m’ont très bien servi jusqu’ici.

Et j’ai manqué totalement les hausses des actions de 1999-début 2000 ainsi que celle de fin 2002 à mi-2007. et j’en manquerai d’autres. Par contre, je me prépare à acheter des titres corporatifs et des actions, ainsi que des stratégies d’actions-options, comme je l’ai dit souvent récemment dans mes articles blogues et mes chroniques vidéos.

Mais je veux que la crise financière qui est hors de contrôle pour l’instant soit réglée avant de risquer le capital de mes clients dans les titres non garantis par les gouvernements. Il est tentant de préconiser certaines petites incursions dans les marchés prochainement.

J’investis basé sur la valeur, que je calcule selon des normes relativement sévères, je dois l’admettre. Je ne tente pas de prédire les fluctuations de prix futures.

Alors oui, je vais acheter des actions, des obligations corporatives et des actions privilégiées. Mais je ne peux vous dire quand.

Ce contenu a été publié dans Blogue LesAffaires.com. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.