Pourquoi le plan de sauvetage prends du temps à être approuvé?

Tout d’abord, le sauvetage ne prend pas beaucoup de temps. Imaginez si on bougeait à cette vitesse pour une convention collective ou la construction d’une route ou d’un hôpital au Québec ! Mais là on parle du plus grand sauvetage financier de l’histoire dans des conditions jamais vues et à la limite de la constitution des États-Unis (possiblement même en dehors de la constituion). La proposition a été faite il y a une semaine à peine et les gens trouvent que c’est long.

Paulson, cet ancien dirigeant et « investment Banker » de Goldman Sachs a proposé les choses suivantes:
1- Lui donner carte blanche sur une enveloppe d’un minimum de 700$ milliards pour acheter des titres hypothécaires en difficulté et TOUT autre actif jugé raisonnable par lui.
2- Aucun tribunal n’aura droit de regard, d’investigation ou de pénalité sur toute transaction faite dans le cadre du sauvetage. Thoriquement il pourrait donner l’argent à ses amis sans aucune possibilité de poursuivre qui que ce soit.
3- Il décide des prix auquel racheter les titres et ne demande rien en retour aux institutions sauvées.
4- Aucune limite de rémunération aux dirigeants des firmes en défaut. Donc ceux qui ont des parachutes dorés ou qui auraient des boni pour avoir bénéficié du sauvetage pourraient se payer comme ils veulent … alors que plusieurs devraient plutôt remettre leur part des 50$ milliards de boni reçus l’an passé, et des 37$ milliards l’année précédente sur Wall Street … pour ne pas dire que certains devraient se retrouver en prison (Le FBI a commencé les enquêtes d’ailleurs).

Bref, le pillage de l’amérique du Nord se poursuivrait en faveur encore une fois des CEO’s et des dirigeants de Wall Street, financé par vous et moi et le bon peuple américain.

Obama et beaucoup d’autres, incluant des républicains, tentent d’influencer ces règles absolument inacceptables. Tout comme Bush était pressé d’attaquer l’Iraq, Paulson, Bush et Bernanke tentent de nous convaincre qu’il faut absolument signer leurs demandes sans prendre le temps de les lire au plus tard demain jeudi. Il est probablement vrai que demain ou vendredi il y aura un évènement majeur (défaut, échéance majeure, faillite d’une institution, renouvellement d’emprunt impossible à faire, etc). Mais l’administration Bush continue d’utiliser des évènements de la sorte pour force le peuple à payer la note.

Alors lorsque le fameux plan sera finalement annoncé, ne vous lancez pas trop dans quoi que ce soit car cette histoire est très loin d’être finie. Nous en avons pour plusieurs années, au moins deux ou trois à mon avis.

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